‹ Le peuple du XXe siècle aux États-UnisChapitre 8 sur 23 · NOM · texte numérisé non relu

NOM

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Priacesse V. Alexandra Grande dachesse Olga Grande duchesse Tatiana Grande duchesse Maria Princesse V. Louise

5 ans 7 ans 5 ans B ans 10 ans

Prince de Galles.

Czar de Russie.

Czar de Russie.

Czar de Russie.

Empereur d'Allema-

Princesse Elisabeth

9 ans

gne.

Prince royal de Rou-

Princesse M«rîa

6 ans

P rince royal de Rou-

Priacesse Hélène

6 ans

manie.

Prince royal de Grèce.

Les fils de la dachesse de Marlborough sont John Albert, Edward William, marquis de Blandford, né le IB septembre 1897, et Ivoire Charles^ lord, né le 14 octobre 1898.

Enregistrons pour < notre » duchesse, Sa Grâce de Marlborough, une autre série de grands triomphes.

Elle est admise dans le cercle royal d^Europe !

Elle sera saluée par les rois et les empereurs du nom de c Bonne Sœur i .

Elle sera appelée c Très fiaute, Puissante et Noble Princesse » par toute personne qui n'est pas de sang royal.

Elle et ses fils, aussi bien que les autres enfaots dont peut être bénie sou union avec le duc, auront dans l'avenir le même rang snr le continent d'Europe que possèdent les maisons jadis souveraines de Hohenloe, Hesse, Salun, Sayn- Wiitgensteia et autres qui, d'après l'almanach de Gotha, sont exactement aussi bonnes que les Hohenzollern, Habsbnr^, RomanofÎB, Bourbons et Orléans.,

Elle aura la distinction de c Haute naissance », qui la mettra sur le même pied que la royauté, et qualifiera ses enfants pour s'entremarier avec des princes et princesses du sang, avec les fils et filles de l'empereur allemand ou de tout autre monarque régnant d'Europe 1

Il y en a sur ce ton des colonnes.

A la Bibliothèque du Congrès, à Washington, est exposé comme une relique un volume aux armes de Mme la Comtesse Du Barry. Et la vie de Mme la Comtesse Jeanne Du Barry est mise à la scène dans un des théâtres de New- York : un peu nettoyée, heureusement. C'est d'ailleurs une excellente illustration des origines de la noblesse. Si la fille Bécu, ex-pensionnaire de la Fillon, avait laissé quelques descendants, les girls de New-Port se disputeraient le Comte Du Barry.

A la même bibliothèque de Washington, on voit une lettre de Tenvoyé américain auprès du roi Louis XYI, au sujet de Lafayette, représentant des Insurgents, expliquant que ce M. de Lalayette voudrait bien servir la cause de la liberté ; mais, à cause de son nom et de sa famille, M. de Lafayette ne peut servir que comme général; l'envoyé lui a donc promis ce grade ». On sait que la promesse fut ratifiée.

Il n'y a personne comme les républicains pour vénérer les titres nobiliaires. C'est pourquoi le gouvernement de la République française se fait toujours représenter k l'étranger par une clique d'aristocrates ennemis de la République et de la France moderne.

Un dernier exemple particulièrement iîomîque montrera l'eflet du préjugé aristocratique aux Etats-Unis. Le prince Henri de Prusse, parmi les nombreuses platitudes dont il a payé l'hospitalité américaine, a déclaré que les plus belles filles do l'Amérique étaient celles de Milwaukee (ville exclusivement allemande, bien entendu). Aussitôt un millionnaire célibataire de TOuest, Bernarth Friedman, de Pawnee, accourut à Milwaukee. 11 n'y connaissait personne. Mais le jeudi à cinq heures, il découvrait

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une agréable vendeuse, au comptoir des rubans dans un magasin de nouveautés. Le vendredi à quatre heures, il Fépousait. Le samedi matin, il repartait avec elle pour Pawnee (Oklaoma), convaincu de posséder la plus belle iemme du monde : un prince royal l'a dit !

Les gens raisonnables des Etats-Unis ont beau hausser les épaules. La manie persiste et persistera, parce que les jeunes filles riches sont à l'affût de tout ce qui peut faire parler d'elles dans les journaux, et de tout ce qui peut exciter la jalousie de leurs camarades de plaisir.

Les pauvres filles ne savent pas qu'on élève à leur intention des petits aventuriers dans toutes les gentilhommières délabrées de France, d'Italie, de l'Allemagne et de bien d'autres pays encore.

Les pauvres filles ne savent pas que toute une catégorie de douairières, qui sont de véritables aventurières, font urie lucrative industrie de patronner « la petite oie américaine », dans les prétendus salons aristocratiques.

Les pauvres filles ne savent pas que leurs bellesmères répètent sur leur compte le mot de Mme de Sévigné sur sabrii, fille d'un financier : « Que voulez-vous ? Il faut bien de temps en temps mettre du fumier sur les meilleures terres ».

Mais le peuple américain devrait bien s'inquiéter du rôle qu'on lui fait jouer. Ces mariages ne sont pas des bouffonneries sans importance : ils sont de véritables crimes politiques^ Les filles de la démocratie américaine fournissent à l'Eglise romaine et à la réaction internationale les millions qui servent à préparer l'écrasement de la démocratie en Europe. Pour les Républicains, pour les protestants des Etats-Unis, c'est une grave responsabilité.

lu.

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