‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 16 sur 111 · E. Bonnemère, Hist. des Paysans, II · texte numérisé non relu

E. Bonnemère, Hist. des Paysans, II

siècles après, la continue dans les campagnes, par Témancipation des serfs. En 1315, il octroie la fameuse Charte proclamant le principe nouveau, que la liberté est de droit naturel. C'est le contre-pied du principe théologi- ^oe. Le texte même de cet acte royal suffirait à réfuter Topinion des historiens qui attribuent à TÉglise Tabolition 4e Fesclavage : des divers motifs que Louis le Hutin invoque à Tappui de cette grande mesure, pas un seul n'est tiré de l'ordre religieux ^ Mais, s'il proclame ce principe, ce n'est pas plus par amour des peuples que par amour de Dieu ; il y est poussé par d'autres motifs. Le {H*emier, c'est que les communes des villes, favorisées d'abord par la Royauté contre les seigneurs et contre k Clergé pour les affaiblir, commencent elles-mêmes à devenir une puissance, et qu'il juge à propos de la contrebalancer en affranchissant les campagnes, afin de pouvoir tenir tête en même temps aux Nobles, aux ecclésiastiques «t aux cités. En second lieu, l'état des finances étant luauvais, le roi veut se créer des ressources : l'émancipation des serfs, leur transformation en manants, puis en vilains, est pour lui un moyen de se procurer de l'argent; ^t la preuve , c'est que cette liberté ou franchise^ qu'il déclare lui-même inhérente à la qualité d'homme ou de. Franc, il la vend et la met à un prix excessif. Il y a donc* lieu de conjecturer qu'il se sert de l'idée plus qu'il n'y <ïoit : le droit égal de tous les hommes à la liberté est

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