Guy Coquille, Nivernais
dans ceux où domine le régime de la communauté conjugale.
Tandis que la familia antique, chez le riche propriétaire romain, n'était toujours qu'un grand troupeau d'esclaves, comme aujourd'hui encore les nègres et les négresses chez les planteurs de canne à sucre, les assocations agricoles du moyen-âge nous font voir l'éclosioR graduelle de la liberté. « Le serf, en entrant dans la famille, premier élément de l'association, fait un premier pas vers la liberté et la propriété ; l'association des familles entre elles l'affranchit encore et lui donne en fait la propriété *. »
Seulement, comme les seigneurs eussent été lésés par cette ingénieuse organisation, la propriété se trouvant de fait immobilisée entre les mains de ces communautés de vilains, alors, afin que le propriétaire titulaire du fief ou du domaine ne perdit pas les divers droits qu'il devait ' toucher à chaque mutation de possession, dans quelques communautés en France on obvia à cet inconvénient par le procédé suivant : la communauté choisissait un de ses membres, robuste, bien portant et dans la force de l'âge, soigné et choyé par tous, sur l'existence duquel reposait l'échéance de ces droits, que l'on payait à sa mort; et, de même que les associés s'appelaient ma^ fiants et couchants (manentes et cubantes), lui s'appela