‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 24 sur 111 · M. de Montalembert · texte numérisé non relu

M. de Montalembert

connu déjà des formes d'oligarchie relativement utiles et temporairement dignes de respect. Sans prétendre, avec le comte de Boulainvilliers, que le système féodal fût le chef-d'œuvre de Tesprit humain, on est forcé d'admettre qu'il était à la fois l'expression et l'instrument des néces-^ sites de cette époque troublée. Les faibles, les petits^ ceux qui étaient en bas [vassi)^ cherchaient la protection des forts et aUénaient volontiers entre les mains d'un plus puissant, d'un homme plus considérable [senior], une partie de leur liberté. Ce patronage était d'origine germanique, comme la trustis^ compagnonnage guerrier, et Vantrustio^ compagnon volontaire des rois francs, — organes essentiels de l'ancienne société d'outre-Rhin , transportés en Gaule par les conquérants. Le chef distribuait à ses compagnons les terres conquises, qui leur constituaient des bénéfices^ comme récompense de leur service ou de leurs charges. « La plupart des bénéficiers voulurent jouir de la protection qu'assurait le vasselage. Lorsque ces rapports de vasselage furent devenus plus fréquents, les bénéfices furent souvent concédés à charge de l'hommage de vassalité ; les anciennes terres franches, les alleitx^ se transformèrent en bénéfices lorsque leurs propriétaires ,. pour s'assurer un secours, un appui, pour ne pas rester isolés, se recommandèrent à quelque grand propriétaire, et, comme prix de sa protection, déclarèrent tenir de lui leur domaine *. » Quant à ceux qui étaient assez forts

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