M. de Montalembert
connu déjà des formes d'oligarchie relativement utiles et temporairement dignes de respect. Sans prétendre, avec le comte de Boulainvilliers, que le système féodal fût le chef-d'œuvre de Tesprit humain, on est forcé d'admettre qu'il était à la fois l'expression et l'instrument des néces-^ sites de cette époque troublée. Les faibles, les petits^ ceux qui étaient en bas [vassi)^ cherchaient la protection des forts et aUénaient volontiers entre les mains d'un plus puissant, d'un homme plus considérable [senior], une partie de leur liberté. Ce patronage était d'origine germanique, comme la trustis^ compagnonnage guerrier, et Vantrustio^ compagnon volontaire des rois francs, — organes essentiels de l'ancienne société d'outre-Rhin , transportés en Gaule par les conquérants. Le chef distribuait à ses compagnons les terres conquises, qui leur constituaient des bénéfices^ comme récompense de leur service ou de leurs charges. « La plupart des bénéficiers voulurent jouir de la protection qu'assurait le vasselage. Lorsque ces rapports de vasselage furent devenus plus fréquents, les bénéfices furent souvent concédés à charge de l'hommage de vassalité ; les anciennes terres franches, les alleitx^ se transformèrent en bénéfices lorsque leurs propriétaires ,. pour s'assurer un secours, un appui, pour ne pas rester isolés, se recommandèrent à quelque grand propriétaire, et, comme prix de sa protection, déclarèrent tenir de lui leur domaine *. » Quant à ceux qui étaient assez forts