‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 25 sur 111 · A. Girv · texte numérisé non relu

A. Girv

pour se défendre eux-mêmes, ils se firent bâtir des châteaux, que les rois s'efforcèrent en vain de détruire *. Du ix** au XII® siècle, dans toute l'Europe, les montagnes se hérissent de burgs , qui tantôt protègent les campagnes d'alentour et tantôt les rançonnent, parfois maintiennent la sécurité de la route, du gué, du passage qu'ils dominent, et plus souvent y favorisent à leur profit les pillages et les violences. La plupart des redevances et des péages féodaux n'ont pas d'autre origine. Le seigneur rend et exerce la justice basse et haute. Procurer la sécurité relative, pacifier le pays, n'est-ce pas à cette époque être justicier? Repousser les agressionsdu dehors, chasser les aventuriers, faire pendre les voleurs, tout cela se confond alors *. Les Burgraves, de Victor Hugo, nous donnent l'éclatante vision de ce monde de la Féodalité, où la violence était la forme naturelle de la Justice, où ce mot même de justice et le mot gibet étaient synonymes, où le nom qui voulait dire pouvoir^ pote?itia, est devenu en français potence '.

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