Edmond Scherer, Études critiques
les gens pourvus d'offices) et les Nobles s'emparent de Tautorité dans leur domaine et se la transmettent héréditairement. Le besoin de se prêter un mutuel secours et de s'assurer un appui, au milieu des guerres qui éclatent incessamment entre les seigneurs, détermine peu à peu entre ceux-ci une hiérarchie et une subordination qui donne naissance aux vassaux et aux arrière-vassaux. L'unité ne se reconstitua que longtemps après, au moyen de la Royauté, qui, à son tour, on le voit, fut un progrès d'abord, puisqu'elle recomposa la nation dissoute et forma la patrie française. De même en Angleterre, c'est lorsque l'administration des rois normands se centralise que la féodalité disparait.
Cet organe nouveau, la Royauté, ne se forma que lentement. « Il n'y a pas de France, on l'a très bien dit, pas de royaume de France, pas de pays de France même, avant le ix® siècle. Charlemagne n'a pas plus le droit d'être compté parmi nos souverains qu'Auguste ou Trajan ; et Mérovée ou Dagobert, pas plus que Dumnorix ou Vercingétorix. La formation de la France date de deux événements : le traité de Verdun, en 843, qui, séparant la Gaule de la Germanie et la constituant en royaume sous Charles le Chauve, lui donna pour la première fois une existence indépendante ; et l'avènement de Hugues Capet, en 987, qui établit un domaine royal héréditaire*... » Mais Charles le Chauve n'est encore qu'un chef,