‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 37 sur 111 · Voy. TocqueviUe, L'ancien Régime et la Révolution · texte numérisé non relu

Voy. TocqueviUe, L'ancien Régime et la Révolution

que les barrières se multipliaient pour en rendre Taccès difficile aux étrangers. Le nombre des apprentis fils de maîtres était illimité, le nombre des apprentis étrangers était limité. Dans plusieurs corporations, les statuts, explicitement, n'admettent que les fils et les gendres de maîtres, et refusent à tous autres le droit de s'établir dans la ville. Cette exclusion, qui commençait déjà à se produire au xni^ siècle, tend à devenir beaucoup plus fréquente au xïv° *. Nous venons de voir que, dans la corporation des bouchers de la Grande-Boucherie à Paris, qui avaient une administration et une juridiction complètement autonomes ^, les étaux étaient occupés de père en fils, à l'exclusion des étrangers, comme dans les collèges romains chargés de l'alimentation publique.

« A partir du xv* siècle, la royauté créa des maîtrises -dans tous les métiers ; mais, au xiv®, elle n'exerçait encore "Ce droit de joyeux avènement que pour créer des monnayers et des bouchers de la Grande-Boucherie. Si elle -commença par les bouchers à concéder des lettres de maîtrise, c'est parce que le commerce de la boucherie était -entre les mains de quelques familles. L'établissement -d'un nouvel étal augmentait le nombre de ces familles et tempérait un peu les abus du monopole. Aussi les bou- <îhers s'opposaient à l'exécution des lettres de maîtrise,

1. Voir les statuts des bouchers de Meulan (Ord. IX, 62); des bou- •chers d'Évreux, mars 1424 (Ord. XIII, 81); des ferrons de Normandie, 26 novembre 1405 (Ord. XV, 541).

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