‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 4 sur 111 · Voyez Exode, xxi · texte numérisé non relu

Voyez Exode, xxi

2. Voyez Xénophon, Des Revenus de VAttique, — Même en pays chrétien, en Angleterre, Tusage inhumain d'imprimer, non seulement aux serfS; mais aux délinquants d€ pauvre condition, un stigmate ineffaçable, s'est conservé jusqu'à une époque peu éloignée de la grande révolution accomplie dans ce pays; en voici un exemple frappant, qui montre, en même temps, que l'idée de l'esclavage répugnait si peu à la doctrine chrétienne que les protestants anglais la recommandaient en quelque sorte, parce qu'ils la trouvaient dans la Bible. Au commencement du règne d'Edouard VI (1547-1548), le Parlement, qui opérait, par voie de bills successifs, la réforme de l'Église anglicane, voulant remédier à l'extension qu'avait prise la mendicité depuis la suppression des^ couvents où un grand nombre de pauvres étaient nourris , vota le statut suivant : Quiconque vivait oisif et sans occupation pendant l'espace de trois jours devait être réputé vagabond et marqué comme tel sur la poitrine avec un fer rouge ; il était livré comme esclave à celui qui avait dénoncé sa fainéantise, et il devait le servir durant deux années, sans autre nourriture que du pain et de l'eau. Le maître était autorisé à lui mettre des anneaux de fer au cou et aux bras, à l'enchaîner et à l'çmployer aux travaux les plus durs et les plus abjects. Si le malheureux parvenait à se soustraire pendant quinze jours à cet horrible esclavage, il était marqué de nouveau comme fugitif et adjugé à son maître comme esclave à perpétuité (Voyez Lingard, Histoire d'Angleterre, au règne d'Edouard VI). Cette horrible législation fut, au reste, promptement abolie. -— Aujourd'hui encore, dans quelques pays, on fait aux esclaves des incisions sur le front et sur les joues.

l'esclavage 7

' passait d'un maître à un autre comme un etki mobilier quelconque. Ce ne fut qu'assez tard, sous les empereurs, qu'il commença à être, juridiquement, une sorte de personne, d'une espèce particulière. Mais, pendant toute la durée de la République, il n'était vraiment qu'une chose. Un des personnages les plus considérés et les plus honnêtes de l'ancienne Rome, Caton, disait et écrivait en propres termes : « Les instruments de travail sont de deux sortes : les uns muets, la charrue, le hoyau; les autres ayant une voix, le bœuf, le cheval, l'esclave. » — « Il faut, écrivait-il encore, que le bon père de famille aime à vendre, non à acheter. Oportet bonum patrem familias venducem esse^ non emacem; — qu'il vende les vieux bœufs, la vieille ferraille, les vieux esclaves, les esclaves malades ^ » Pour le remarquer en passant, le mot familia^ famille, et le mot famulus^ serviteur, étant de la même racine, il s'ensuit que le moi pater fmnilias ^ qu'on traduit parpère de famille^ signifiait en même temps et principalement propriétaire d'esclaves; ce qui, chez nous, n'éveille pas précisément la même idée *.

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