Sismondi, Répuàl. ital,, t. IV, p
conque n'était que Noble ou propriétaire ne pouvait exercer aucune charge publique. Le gouvernement était donc aux mains des travailleurs, et c'est ce qui fit la grandeur de la République florentine, non seulement dans le commerce et dans Tindustrie, mais même dans la poésie et dans les arts. Les Medici * avaient commencé par tenir une petite boutique d'orfèvrerie sur le Pont- Vieux, à Florence. En exigeant que tous ses citoyens actifs fissent partie d'un métier, cette République était assurée d'avoir à son service des hommes d'un esprit sérieux et pratique, habile et rompu aux affaires, amis du travail qui fait l'équité, non du privilège qui fortifie l'égoïsme et de l'oisiveté qui engendre les vices. La République de Florence, selon le témoignage de l'historien Hallam, ne fut Jamais mieux gouvernée que lorsqu'elle avait pour gonfalonier, ou premier magistrat et chef suprême, un ouvrier cardeur de laine, Michel Lando. C'est ce cardeur de laine qui se mit à la tête des ciompi et du menu peuple, plèbe minuta, contre la prétention des Arts mineurs de les exclure de tout droit politique. Michel Lando avait établi une constitution nouvelle qui renversait celle par laquelle les Arts mineurs avaient réussi à partager avec les Arts majeurs le droit d'arriver au pouvoir exécutif (la Seigneurie), La révolution opérée par Lando fut un triomphe, mais assez court, des artisans inférieurs et des ouvriers : son règne ne dura guère, parce qu'il eut contre lui, d'une part, les réaction-