‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 44 sur 111 · ÉTATS PROVINCIAUX · texte numérisé non relu

ÉTATS PROVINCIAUX

constituer la représentation nationale, destinée d'abord à mater, puis à éliminer un jour la royauté.

Avec quelle lenteur s'accomplit le progrès! « Les rois ont mis quatre cents ans à dominer les nobles, et les peuples trois cents ans à dominer les rois *. »

Les assemblées provinciales avaient existé dès l'empire romain. D'autre part, les coutumes germaines et franques avaient aussi laissé les germes d'institutions analogues. Les restes épars de cette double tradition furent inconsciemment ravivés çà et là par l'initiative des communes urbaines et des communautés agricoles : ainsi se formèrent en divers lieux les États provinciaux, qui furent en France la première ébauche et le premier degré du gouvernement représentatif.

Ils s'organisèrent d'abord dans le Midi, où le régime municipal romain avait laissé plus de traces; puis, pendant la première moitié du xiv® siècle, ils prirent, dans la plupart des provinces, une forme régulière et permanente.

C'est dans ces assemblées que s'éveilla le sentiment de la patrie et de la nationalité, contre l'Anglais envahisseur . La chevalerie avait été battue à Crécy et à Poitiers; le roi était prisonnier; les bourgeois des communes se lèvent, se réunissent de tous côtés et s'imposent de lourds sacrifices pour sauver le pays. Les États du Poitou, convoqués à Niort en 1368 par le prince de Galles, refusent de

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