Ëmilio Castelar
payer Timpôt aux Anglais et poussent le cri d'indépendance. En 1374, les États d'Auvergne stipulent la retraite des troupes anglaises. De 1375 à 1386 , les États du Quercy, du Rouergue, du Gévaudan, du Viennois, du Velay, du Vivarais et du Valentinois votent des subsides pour la guerre nationale. En 1399, ceux du Limousin font de même, et les États du Languedoc, après avoir voté une levée de dix mille soldats et de dix mille chevaux, décrètent que « homme ne femme dudit pays ne portera, si le Roy n'est auparavant délivré, or ou argent, ne perles, ne vairou gris (fourrures), robes ne chaperons décoppés, et que aulcuns ménestrels ou jongleurs (joueurs d'instruments) ne joueront de leur mestier. » — Les assemblées provinciales suppléaient ainsi, par leur noble initiative et par leurs généreux sacrifices, aux défaillances ou aux insuffisances de la Royauté.
A l'exemple de ces bourgeois, le menu peuple des campagnes se réveillait, et une paysanne allait sauver la France. Ce salut inespéré fut si merveilleux, qu'il sembla inspiré du Ciel. Transfigurée par l'imagination des historiens et des poètes autant que par la reconnaissance nationale, Jeanne est devenue la sainte de la France. Le poète parisien François Villon donne un regret ému
 Jehanne, la bonne Lorraine, Qa'Anglois bruslèrent à Rouen !
Une autre Française, d'un cœur vibrant, la fille adoptive de Montaigne, mademoiselle de Gournay, peint en