‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 47 sur 111 · E. Bonnemère, Histoire des Paysans, t. IV, ch. m · texte numérisé non relu

E. Bonnemère, Histoire des Paysans, t. IV, ch. m

guerriers *. Enfin il y en eut un troisième, qui naquit et se forma comme nous avons vu : au commencement, les serfs faisaient partie en quelque sorte des biens-fonds qu'ils fécondaient de leurs sueurs , de la végétation qui croissait par leurs soins et avec laquelle on les confondait presque, — tant les seigneurs, soit du Clergé, soit de la Noblesse guerrière, les voyaient de loin et de haut ; — ce ne fut qu'après plusieurs siècles qu'on les laissa s'en détacher à prix d'argent , s'affranchir soit individuellement, soit par groupes, se constituer en communautés agricoles, ou en communes urbaines, et devenir soit libres tenanciers, soit francs bourgeois. Cela forma le troisième Ordre ou Tiers État de France. — D'abord peu fréquente et bornée à des cas spéciaux, la convocation, par le roi, de quelques « bourgeois des bonnes villes », eut lieu d'une façon isolée, sans que le fait, quelque nouveau qu'il fût, parût aux contemporains digne de remarque. Les formules de quelques Chartes royales sont le seul témoignage qui nous en reste avant le règne de Philippe le Bel *.

Les Trois États de France furent convoqués solennellement pour la première fois par ce roi, le 10 avril 1302, à Paris, dans l'église cathédrale de Notre-Dame.

Qu'on ne s'étonne pas du choix de ce lieu pour une assemblée politique. Au moyen-âge, alors que les grands

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