HUt. de France, ch. XXI
semble, qui leur fut accordée. Jean de Craon, archevêque
de Reims, Gautier de Brienne, duc d'Athènes, et Estienne
Marcel, prévôt des marchands de Paris, portaient la
parole, chacun comme président de son Ordre. La session
des États ne dura pas plus d'une semaine ; ils répondirent
au Roi « qu'ils lui feraient une aide de 30 000 hommes
d'armes par an »; et, pour les payer, ils votèrent une
imposition de cinquante cent mille livres (cinq mil-
lioDS de livres), qui devait être levée « sur toutes gens, de
tel état qu'ils fussent, gens d'Église, Nobles, ou autres »,
et la gabelle ou taxe du sel « par tout le royaume de
France ».
En se séparant, les États indiquèrent d'avance deux nouvelles sessions où ils se réuniraient^ « l'une, au mois de mars, pour apprécier la suffisance de l'impôt et entendre sur ce point le rapport des neuf surintendants chargés de faire exécuter leurs décisions ; l'autre, au mois de novembre suivant, pour examiner l'état du royaume. » Us se réunirent, en effet, de nouveau le 1" mars et le 8 mai 1356; mais ils n'eurent pas la satisfaction de voir leur autorité généralement reconnue et leur patriotique dessein accompli. L'imposition qu'ils avaient votée, notamment la gabelle, avait rencontré de violentes résistances *.
Le désastre de Poitiers et la captivité du Roi mirent de nouveau la bourgeoisie dans la nécessité de tout