Le cardioal de Plaisance
3. Le cardinal de Pellevé, que les auteurs écrivent De Pelvé, comme qui dirait du Bassin ou du Pot de Chambre, Esprit rabelaisien, dans le goût du temps.
4. Sorte de petit clavecin ou épinette, ainsi que le montre la gravure jointe au texte.
5. C'est-à-dire, figuier dEnfer, Il y a tout un Discours de Vlmprimeur pour expliquer cette métaphore, dont le sens est à plusieurs branches. La principale est celle où Judas se pendit après sa trahison : d'où le figuier fut regardé comme un arbre maudit.
Cette pancarte donnait, pour ceux qui savaient lire, rhistoire du fameux triacleur et de sa drogue mirifique, « laquelle ne faut pas confondre avec le Catholicon simple ! » — C'est là que les prudents auteurs se mettent en règle avec l'Église, afin de pouvoir frapper plus à Taise et sur la Ligue et sur l'Espagne. Il y a donc le Catholicon simple, qui est celui des vrais catholiques, et le Catholicon double, qui est celui des Jésuites.
Or donc ce bon marchand d'orviétan avait été serviteur chez les Jésuites, au collège de Tolède, « où ayant appris que le Catholicon simple de Rome n'avait d'autre effet que d'édifier les âmes et de procurer salut et béatitude en l'autre monde seulement, se fâchant d'un si long terme, s'était avisé de sophistiquer ce Catholicon, si bien qu'à force de le manier, remuer, alambiquer, calciner et sublimer, il en avait composé dans ce collège un électuaire souverain, qui surpasse toute pierre philosophale, et duquel les preuves étaient déduites par vingt ou trente articles, tels qu'ils s'en suivent... »
Chacun de ces articles vise ironiquement les principaux événements du temps, même hors de France : l'assassinat du prince d'Orange, celui de Henri III, et le reste. Au moyen du Catholicon, tout devient permis et louable ; c'est une panacée, à l'usage des princes et des peuples dans l'embarras. — Voici quelques-uns seulement de ces curieux articles :
... « Art. III. Qu'un roi casanier * s'amuse à affiner cette drogue en son Escurial, et qu'il écrive un mot en Flandre au Père Ignace, cacheté de Catholicon ; celui-ci lui trouvera homme, lequel, salva conscientia % assassinera son ennemi », qu'il n'avait pu vaincre par armes en vingt ans. »
« Art. IV. Si ce roi se propose d'envahir le royaume d'autrui à petits frais, qu'il en écrive un mot à Mendoce, son ambassadeur, ou au Père Commelet, et qu'au bas de sa lettre il trace avec de l'higuiero d'Infierno : Yo el Rey^ ils lui fourniront un religieux apostat *, qui s'en ira, sous beau semblant, comme un Judas, assassiner de sangfroid un grand roi de France, son beau-frère, au milieu de son camp, sans craindre Dieu ni les hommes. Bien plus ! ils canoniseront ce meurtrier, et mettront ce Judas au-dessus de saint Pierre, et baptiseront ce prodigieux et horrible forfait du nom de coup du ciel; dont les parrains seront des cardinaux, légats et primats ^ ! »
... « Art. X. Soyez reconnu pour pensionnaire de l'Espagne; monopolez, trahissez, changez, vendez, troquez, désunissez les princes ; pourvu qu'ayez un grain de Catholicon en la bouche, l'on vous embrassera; et l'on entrera en défiance des plus fidèles et anciens serviteurs,