‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 79 sur 111 · Relation de Florimond Rapine, p · texte numérisé non relu

Relation de Florimond Rapine, p

tional, consacrant une fois de plus le droit de TEtat dans celui de la Royauté et déclarant en termes non équivoques l'indépendance inaliénable et la souveraineté de la société civile. Ses démarches furent vaines : le Tiers État ne voulut ni retirer ni modifier son article. C'est qu'il s'agissait en effet de la question vitale posée depuis plusieurs siècles et qui récemment encore avait éclaté de nouveau dans la guerre de la Ligue; c'est qu'il s'agissait du duel éternel entre deux principes inconciliables : celui de la royauté légitime par so?i propre droit, et celui de la royauté légitime par t orthodoxie, « Le débat de cette question, que le règne de Henri IV n'avait point résolue * et à laquelle sa fin tragique donnait un intérêt sombre et pénétrant, fut, par une sorte de coup d'État, enlevé à a discussion des trois Ordres et évoqué au Conseil ou plutôt à la personne du Roi. Sur l'invitation qui lui en fut faite, le Tiers État remit au Roi le premier article de son Cahier ^ »

Quelques jours après, le président dé la Chambre du Tiers État et les douze présidents des bureaux furent mandés au Louvre. Quoique Louis XIII fût majeur, la reine-mère, stylée par le Clergé, prit la parole et dit à la députation : que, l'article concernant la souveraineté du Roi ayant été évoqué à Sa Majesté, il n'était plus besoin

1. Henri IV n'avait régné qu'en vertu d'une transaction avec ses sujets catholiques.

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