‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 85 sur 111 · Chapitre IX, Des grands · texte numérisé non relu

Chapitre IX, Des grands

cent, s'élèvent, deviennent puissants, soulagent le prince d'une partie des soins publies *. Les grands, qui les dédaignaient, les révèrent : heureux s'ils deviennent leurs gendres ' ! »

C'est, je crois, la première fois que ces deux mots et ces deux faits — des citoyens^ devenus fins ^i politiques — font leur apparition dans la langue et la littérature françaises, grâce à la plume d'un écrivain neuf, observateur attentif et curieux, accoutumé à noter ce qui le frappe dans la réalité qui l'entoure. Voilà un signe avant-coureur des temps nouveaux. Cependant il faudra attendre près d'un siècle pour voir reparaître ce mot « citoyen «, arboré avec fracas par le « citoyen* de Genève ».

D'autre part, La Bruyère ne manque pas de noter aussi le faste de la bourgeoisie parvenue , de sorte qu'il nous en présente tour à tour l'un et l'autre profil. « Les empereurs n'ont jamais triomphé à Rome si mollement, si commodément, ni si sûrement même, contre le vent, la pluie, la poudre et le soleil, que le bourgeois sait à Paris se faire mener par toute la ville. Quelle distance de cet usage à la mule de leurs ancêtres!... Il y avait même plusieurs magistrats qui allaient à pied à la Chambre ou aux Enquêtes, d'aussi bonne grâce qu'Auguste autrefois allait de

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