‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 86 sur 111 · C'est-à-dire deviennent ministres · texte numérisé non relu

C'est-à-dire deviennent ministres

2 Allusion au duc de La Feuillade, qui demanda et obtint en mariage la fille de Chamillard, laquelle n'était, dit-on, rien moins que belle Les grands avaient trouvé un nom pour ces sortes de mésalliances : ils appelaient cela redorer leur blason, ou, plus insolemment encore, fumer leurs terres.

sous LOUIS XIV 255

son pied au Capitole. L'élain, dans ce temps, brillait sur les tables et sur les buffets, comnïe le fer et le cuivre dans les foyers; l'argent et Tor étaient dans les coffres... »

Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur l'étrange administration de ce long règne, pour faire comprendre quelle était, d'autre part, la misère du peuple. Assez longtemps l'histoire officielle a célébré « Louis le Grand », l'éclat de ses conquêtes, le faste de sa cour, toute cette magnificence théâtrale, échafaudée sur des abîmes; l'histoire vraie est venue enfin, qui a fait voir le dessous de tant de merveilles, les coulisses de ce grand théâtre, l'envers de cette mythologie. De patients investigateurs ont révélé en détail la vie et du Roi et du peuple sous ce règne, le plus brillant de la monarchie absolue. Les prodigalités du prince, pour ses plaisirs, ses bâtiments, ses guerres, deviennent quelque chose d'effroyable lorsqu'on voit qu'elles ont pour source et pour ressource la misère du peuple qui meurt de faim. Ce que La Bruyère, dans sa terrible eau-forte des Paysans, avait dû se contenter d'indiquer d'aune manière générale en quelques traits incisifs, d'autres de nos jours ont pu le développer au complet, province par province*. Si l'on trouve, à la longue, quelque monotonie dans l'énumération de tant de misères, cette monotonie elle-même n'a-t-elle pas sa tragique éloquence, quand on réfléchit que le peuple a sup-

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