Eugène Bounemère, A. Feillet, Ghéruel, etc
porté pendant trois quarts de siècle (pour ne parler que de ce règne) Tamas prodigieux de ces calamités dont le simple récit bientôt vous accable? N'est-il pas utile, nécessaire à la justice et à la vérité, que tant de textes entassés forcent la conviction des esprits les plus durs, les plus distraits, ou les plus rebelles, les plus entichés d'absolutisme? Car il y a des hommes qui, selon la parole éloquente de Lamartine, « ont dans Fâme un tel besoin de servitude, que, ne pouvant plus adorer le tyran, ils adorent du moins la mémoire de la tyrannie. »
En plein dix-septième siècle et en pleine monarchie absolue, la plupart des vieux abus de la féodalité pesaient encore sur les campagnes, et il n'était si chétif hobereau qui, sur ses terres, ne réclamât de vive force ses droits seigneuriaux *. C'étaient toujours les genpillhommes de Rabelais, dévorant les vilains, que dévorait aussi par tous ses mallôliers le dèmoboros basileus ^. Ces abus n'étaient un peu réprimés, de loin en loin, que par des tribunaux exceptionnels, qui se nommaient les Grands Jours, comme qui dirait les Grandes Assises. Les États généraux de 1614 avaient demandé, mais en vain, que les Grands Jours fussent tenus tous les trois ans dans les différentes provinces du royaume par les juges des divers Parlements. Ce fut seulement vingt ans après ces États que les Grands Jours furent tenus, et cela à Poitiers^,