Homère, Iliade^ I, « Roi mangeur de peuple
3. Les Grands Jours existaient déjà au xv« siècle. Les parlements en
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pour punir les exactions de la Noblesse dans le Poitou, la Touraine, TAnjou, le Maine, TAngoumois et TAunis. Et enfin, une trentaine d'années après, en 1665, eurent lieu les Grands Jours d'Auvergne, les derniers qui furent tenus, et dont Fléchier a fait le curieux et effrayant tableau.
Richelieu avait légué à Mazarin la France puissante et redoutée au dehors, mais énervée et mourant de faim au dedans. Quel que pût être le génie d'un ministre, l'administration de ce grand pays, sous le régime du bon plaisir , n'était que le désordre organisé. Le royaume se divisait, comme on sait, en deux sortes de pays : les pays d'États, qui étaient censés se taxer eux-mêmes, et les pays d'élection, qui étaient taxés par le souverain. Vingt-cinq Intendants, dits de finance et de justice, se partageaient la France. L'autorité militaire était exercée par trente-sept Gouverneurs, dont chacun perpétuait l'arbitraire féodal. Pour maintenir cependant l'autorité centrale, et aussi pour créer des positions à des gens de qualité que le Roi
tinrent un certain nombre au xvi', et il y en avait eu déjà à Poitiers, mais antérieurement aux États de 1614 et 1615. Les Grands Jours ne constituaient pas, à proprement parler, des tribunaux spéciaux : c'étaient des assises tenues par une commission^ choisie au sein d'un parlement et que ledit parlement envoyait dans une localité située en un point assez éloigné de son ressort, afin de hâter l'expédition des affaires de la Justice. L'éloignement de ces localités ayant ajourné presque indéfiniment l'évocation des causes devant le parlement en son siège, ou rinfluence de quelques seigneurs puissants s'opposant à ce que Ton sévît devant ce siège contre des crimes et des violences qui se perpétuaient au loin, c'est à raison de ce dernier motif que les Grands Jours s'occupèrent souvent de ce qu'on appelait le grand anminel et prirent quelque peu le caractère de juridiction criminelle spéciale, comme ont été en certaines occasions les chambres étoilées. Le Parlement de Paris tint des Grands Jours à Tours, à Glermont, etc.
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voulait favoriser, on établissait à côté du Gouverneur un fonctionnaire rival qui portait le titre de Lieutenant général du Roi. Dans certains gouvernements, on en comptait quatre ou cinq, de familles puissantes. Les villes de quelque importance avaient, en outre, des Gouverneurs de place. Tous ces fonctionnaires, que TÉtat ne salariait point et qui vivaient directement sur les contribuables, ne servaient qu'à multiplier les conflits et à rendre très difficile la marche régulière des affaires '. Outre les États provinciaux, on comptait douze Parlements, dix-huit archevêchés. Et aucun lien n'existait entre ces diverses autorités, financières, militaires, religieuses, administratives ou policières. C'étaient autant de petites féodalités survivantes.
La gestion des deniers publics était confiée, d'une part, au Conseil du Roi, près duquel le Contrôleur général des finances remplissait quelque peu les fonctions de commissaire spécial pour les finances et ce qui s'y rattachait, et aux Intendants de province, émanation de ce Conseil; d'autre part, aux juridictions financières, telles que Cour des Aides, Chambre des Comptes, Bureaux des Finances, Tribunaux d'Élection^ Tribunaux de Gabelle^ etc. Puis venaient deux ordres d'agents : les fermiers généraux et les receveurs généraux; les uns et les autres étaient, à l'égard de l'État, ce que, par exemple, aujourd'hui dans les ponts et chaussées et l'administration des travaux
i. Eug. Bonnemère, La France sons Louis XIV.
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publics, sont les entrepreneurs qui soumissionnent las travaux. Les fermiers généraux prenaient à bail les gabelles, grandes et petites, le tabac, les traites, les octrois des Jurandes villes, les aides du plat pays, et quelques autres taxes de ce genre; les receveurs généraux percevaient principalement la taille et la capitation. Tous péchaient en eau trouble. Vers la fin du règne, Desmarets essaya de porter la lumière dans ce chaos, en créant des charges d'inspecteurs qui avaient pour mission de vérifier les opérations des gens de finances ; mais l'effet admirable fut que ceux-ci achetèrent ces charges, qui se vendaient comme toutes les autres, et ainsi ce furent eux-mêmes qui se trouv.èrent chargés de contrôler leurs propres opérations.
Le nombre des fermiers généraux, qui avait été longtemps de quarante, s'éleva peu à peu jusqu'à soixante. Ces places devaient, légalement, être mises en adjudication; en réalité, tout s'arrangeait entre le Contrôleur généi*al des finances et les hommes de son choix, c'est-à-dire ceux qui Uii versaient le plus gros pot-de-vin à chaque renouvellement de bail. Ce pot-de-vin, connu sous le nom bizarre de croupe^ n'était nullement dissimulé : on le regardait comme un des éiftoluments légitimes de la place de ministre, et le ministre lui-même en fixait le chiffre. Ensuite venaient les pots-de-vin, ou les épingles, stipulés en faveur des seigneurs, des dames de la cour, de tous ceux en un mot que le Roi ou le minisire voulaient en gra-
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llfifrr^ .Mazarin a%ait tr»/a^é avantaseiix •H eomiiitide d** mettre 1»=-- 1^111*-'^ f^ parti -, e'^t-à-dirp d'^n eonfier le r*^#r^Hn r^m^n! à de> maltôtiers, qiii. au prix de quelques a^anef^, prenaient à leur e»>aipte le> iffip«*4<. se diargeant d>n opérer la rentrée par I«>ij^ le> moyens : le plus ordinaire était d'obtenir que la Cour mit à leur disposition des compagnies de soldats, qui. tout en pressurant les eontribuable?* pour le compte du traitant, les Tolaient et les pillaient pour leur propre compte: de telle sorte que ceux qui les commandaient faisaient rite fortune '. Ainsi ce qu'on serait tenté de prendre pour exagération scénique ou pour boutade satirique, dans Turcaret et dans Gil- Blnsf, n'est qu'une peinture en raccourci de ce qui se voyait depuis au moins un siècle. On se rappelle que Gil-Blas. devenu enfin secrétaire d'un premier ministre, lui ancien laquais, prend un laquais à son tour, Scipion, nature analogue à la sienne, garçon d'humeur commode, indifférente, n'ayant pas horreur de l'honnêteté , non plus que de la friponnerie si l'occasion s'en présente ; mais ce n'est certes pas Gil-Blas qui lui en voudra pour si peu! Lui-même, en effet, quoique arrivé après tant d'aventures à ce poste éminent, n'est pas encore devenu très délicat. Le ministre