‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 89 sur 111 · Eugène Bonnemère, Chéruel, etc · texte numérisé non relu

Eugène Bonnemère, Chéruel, etc

sous LOUIS XIV 261

son patron ne Test guère plus que lui et ne songe qu'à s'enrichir par tous les expédients qui se présentent. Le ministre vole, Gil-Blas vole, Scipion vole, et ainsi de suite : c'est une échelle de friponneries, l'échelle sociale de cette époque. De même ou à peu près, Frontin, dans Turcaret, résume en ces mots la situation : « J'admire le train de la vie humaine ! Nous plumons une coquette , la coquette mange un homme d'affaires, l'homme d'affaires en pille d'autres ; cela fait un ricochet de fourberies, le plus plaisant du monde! » — Oui, très plaisant en vérité, surtout pour le peuple, qui fournissait tout, de sa substance, de son sang, de sa vie ! — Ainsi la manière dont les taxes étaient levées et perçues, encore plus que l'excès des taxes elles-mêmes, épuisait le peuple, ruinait les provinces. C'était une pillerie universelle. En vain Colbert essaya d'y mettre ordre ; de ses prescriptions sur l'assiette et la perception des tailles, il en fut comme de la plupart de ses autres ordonnances : fort belles sur le papier, elles restèrent lettres mortes. A mesure qu'on voit grandir le pouvoir despotique du roi, parallèlement on voit croître la puissance à mal faire de tous les agents qu'il emploie \ Chacun d'eux , arbitrairenient, dégrève ses amis riches ou aisés, aux dépens du pauvre monde, qui paye pour tous. Par exemple, deux ans après la mort de Colbert, Foucault, alors intendant à Poitiers, écrit à son père, le 3 novembre 1685 : « J'ai diminué la paroisse de M. Pussort

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