‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 98 sur 111 · Général TrocUii, L'Armée française · texte numérisé non relu

Général TrocUii, L'Armée française

tution des milices régulières fut un grand progrès. Par les milices communales, Télément bourgeois, populaire, se mêlant à la Chevalerie sur un autre pied que les valets et gens des domaines, pénètre dans Tarmée et fait brèche au régime féodal : car la commune, composée de roturiers, est considérée collectivement comme une personne Noble, qui ne relève que du Roi et exerce par elle-même Tadministration et la justice. Bientôt la suprématie guerrière de la Noblesse sera balancée par l'importance de plus en plus grande de la bourgeoisie militaire, qui se formera aux combats sous la bannière royale *.

Au moment de la paix, les milices se dispersaient : c'était l'habitude féodale. Enfin les rois voulurent avoir à leur disposition une force qui ne dépendît ni des seigneurs ni des villes : Philippe-Auguste (1180-1223) eut l'idée de prendre à sa solde des mercenaires qui, pour cette raison, se nommèrent soldats^ ou soudoyers^ om soudards, et furent rassemblés en grandes compagnies. La Noblesse, consentant peu à peu à transformer en subsides d'argent le service personnel qui avait fait sa gloire, laisse le champ libre à ces aventuriers. C'était déjà par ce moyen qu'avait eu lieu en 1066 la conquête de l'Angleterre : Guillaume avait offert une forte solde et le pillage de ce grand pays à tout Normand robuste qui s'embarquerait avec lui : vilains et Nobles accoururent, et tel qui était

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