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pour père. Te voilà tel que tu l'as voulu, sauf antra règle que tes appétits, sans autre lumière que lean ténèbres. Tu t'es fait brute, on ta traite comme la bnite. Comprendras- tu enfin que la vie vient de moi,
« Ils se sont (lit : nous détruirons la bien, nous en
iHoufferons le germe même au fond des âmes. Que si quelqu'un ose élever la voix pour le défendre, pour en rappeler aux bommea le souvenir, nous l'ensevelirous dans nos cachots comme un malfaiteur, car nous avons la force, ou nous lancerons sur lut la meute afîamée i^ garde les abords du temple du mal, qui, pour le morceaa de pain qu'on lui jette dans la boue, aboie l'outrage et le
K Insensés ! Et quand vous feriez aujourd'hui ce que la mort fera demain, auriez-vous donc vaincu ? Le bien, estce un homme ? Le bien, c'est moi, dit le Seigneur Dieu.
« Lorsque le Juste, cioué sur la Crois , expira entre deux voleurs, les puissants d'alors, les politiques , les hypocrites, ceux qui dévoraient le peuple comme on tlévore un morceau de pain, crurent à leur ti-iomphe. Le lendftinabi les échos, d'un bout de la terre k l'autre, se renvoyaient une voix de salut sortie de la tombe du supplicié. »
Le dénaaetnen<.
Je le demande à quiconque est initié aux manœuvres de la secte que travaille en ce moment la Société âuu-
çaise, ces tableaux ne i^oiit-ils pas la reproduction des scènes cruelles et o<iieusenient ridicules, destinées à fasciner et à abêtir le peuple? Mais n'y a t-il pas folie, de sa part, à vouloir éteindre dans plus de 30 millions d'âmes les germes iie foi religieuse que tant de tentatives antérieures n'ont pu parvenir à effacer ?
Mais le délire de ces gens là est incurable.
Les révolutions dans lesquelles depuis plusieurs siècles vivent plongés successivement les peuples de l'Europe, ont mis à la portée des moins intelligents cette loi qui se réalise constamment dans la Société, savoir: que l'anat-cfiie conduit au despotisme.
< Jamais eu aucun temps, en aucun pays, l'histoire et » l'expérience sont là et le prouvent, on n'a répandu
> des idées anti-sociales, inoculé aux peuples l'esprit d'in-
> subordination et de rébellion, sans provoquer presque
> aussitAl l'emploi de l'unique remèrie qui appartient aux s nations dans un semblable coiiilit : l'établissement d'un » gouvernement très fort qui, avec justice ou injustice, » légitimement ou non , lève un bras de fer sur tout le » monde, fait incliner tous les fronts et courber toutes les » têtes. Au bruit et au tumulte succède le plus profond • silence ; les peuples se résignent alors facilement à leur » nouvel état ; car ils savent par réflexion et par instinct ■ que bien qu'il soit fort bon d'avoir un ceiiain degré de
> liberté, le premier besoin des sociétés est leur propre » conservation. > (J. Ëalmès).
« L'anarchie a un héritier présomptif inévitable et fatal : le despotisme. »
Mais le despotisme n'est pas une solution; ce n*est qu'une étape dans le provisoire, s'il ne précède le retour ï l'ordre et à la raison.
Nous l'avons vu, ce despotisme sous sa forme atroce et brutale dans le Jacobinisme de 93; il a sombré dans l'assassinat des despotes , entre eux d'abord , puis dans la corruption la plus vile, la plus dégradante du Directoire.
Le despotisme impérial a surgi de cette boue infecte et a imposé partout le silence delà résignation, de la nécessité et de la peur.
On a vu alors , ce qu'on reverra peut-être demain : ce tas de vils agitateurs des passions populaires se courber les premiers aux pieds du maître, en vue de conserver, au prix de ces abaissements , le fruit de leurs odieuses rapines.
Mais il a fallu après le chaos songer à la restauration de l'ordre; et l'homme qui est venu, à l'heure marquée par la Providence, a reconnu nécessaire l'appel à la Religion pour refaire la Société.
« Quand les flots de l'anarchie se retirèrent. Napoléon » a apparu à l'entrée du nouvel univers, comme ces » géants que l'histoire profane et sacrée nous a peints au » berceau de la Société et qui se montrèrent la ten'e » après le déluge. >
Tels sont les enseignements de l'histoire.
DEUXIÈME SOI,UTION.
La ralwoH cl Te !& périr nce.
J"ai montré les conséquences fatales, inévitables de la route dans laquelle sont engagées aujourd'hui les sociétés modernes.
Nous retournons maintenant en arrière , et éclairés par une expérience de près de 20 siècles, par des faits que toute l'habileté des hommes qui détiennent le pouvoir n'effacera jamais, recherchona la voie qui doit conduire l'humanité à la pacification sociale, à la stabilité dans l'ordre.
Ceux qui, en ce moment, veulent entraîner vers le Paganisme la société nouvelle, ne semblent pas s'imaginer combien sont profondes les empreintes laissées par le Christianisme au sein des nations civilisées et surtout des masses popuiaireu. Us devraient bien, si la passion ne les aveuglait, apprécier les difficultés qu'ils éprouvent à les attirer à leui" suite ; ils n'ont avec eux que les rebuts de toute société , les êtres dégradés et infâmes , capables de tous les crimes, des brutes enfin qui n'ont d'humain que la figure.
Ceux-ci leur suffisent, cependant, pour l'œuvre de destruction qu'ils méditent ; de même qu'ils suffiront un jour à châtier comme ils le méritent tous ceux qui les ont guidés
dans la voie du crime. Car ai ce peuple ià est la forc-e. il est avant tout la brute.
L'autre partie , celle du wai peuple . du pacifique travailleui", regardera faire, en attendant qu'à l'henre mai-quée par la Providence, Dieu fasse de tout cela an monceau de fange que le torrent d'un orage entraînera à l'égout.
« La morale Evangélique est tellement passée en nous, que nous ne pourrions en faire abstraction sans nous anéantir. Tout ce que nous voyons et tout ce que nous sommes est l'œuvre de ses doctrines. Ce n'est pas seulement dans les textes des livres saints, dans les prédications de ses apôtres et dans la vie de ses disciples qu'elle se trouve ; on la rencontre dans toutes nos institutions sociales , dans nos codes , dans nos mœurs , dans nos sciences, dans nos arts, dans nos manières, dans dos physionomies même, dans toutes les créations comme dans toutes les fantaisies de l'esprit humain depuis dix-huit cents ans...: que dis-je, elle entre jusque dans le blasphème des impies et le remoi'ds des scélérats, tant elle est ancrée dans la conscience humaine.
Les plus violents ennemis du Christianisme en sont imprégnés, ils ne peuvent le combattre qu'avec les idées et les bienfaits qu'ils en ont reçus, et ue peuvent rien trouver à lui substituer que des emprunts et des contretiQons de lui-même. »
Et c'est là précisément la cause de notre indifférence à son égard. L'impression de la divinité du Christianisme s'est émoussée dans sa diffusion et sa continuité.
L'habitude du bienfait nous en a fait oublier le pris. Nous nous y sommes accoutumés jusqu'à le confondre
avec notre nature propre ; et dans l'oi^eil que lui inspire cette possession, la raison a fini par croire qu'elle en avait fait la conquête. « Je ne sais pourquoi, Hisait Rousseau, on veut attribuer aux progrès de la philosophie la belle morale de nos livres. Cette morale, tirée de l'Evangile, était chrétienne avant ti être philosophique. »
On n"a pas suffisamment remai-qué. ce semble, qu'au moment où notre société incline visiblement au Paganisme, nous vivons sous une législation éminemment chrétienne; nos mœurs deviennent païennes, mais nos lois sont ostensiblement Religieuses ; c'est leui' application qui sauvegarde la société moderne et la retient encore au bord fie l'abîme.
Leur influence cependant tsiblït à mesure que s'accentuent les actes qu'elles devraient réprimer.
Elles sont encore debout, mais on les applique avec mollesse, et ceux-là même qui en sont les gardiens se sentent débordés par d'audacieuses protestations qui viennent démontrer leur opposition avec les doctrines sociales modernes.
Notre législation toute entière serait k refaire à ce point de vue. Elle se refait en effet dans le sens de la décadence et je n'aurais pour le démontrer que l'embarras du choii.
Prenons, si l'on veut, un des faits les plus saillants et les plus graves ; celui de l'avortement et de l'infanticide.
Le paganisme n'avait rien à voir dans cette question. •La procréation et la destruction étaient choses iudifl'éretites. L'être vivant n'était pas plus sauvegardé dans son germe qu'à l'heure où il apparaît au jour.
Telle était la nullité de la législation Païenne. . . -
Nos lois sont bien différentes: c'est l'homidde à b
degrés qu'elles veulent atteindre Tant est grand k
leurs yeux, la dignité et la valeur de l'homme.
Aujourd'liul, eu égard à nos moeur:^, quelle appUcalioD eu est faite? on est forcé tous les jours d'en atténuer U ngueur ; et comme c'est d'ordinaire au sein des conn d'assises que se déroulent les débats, on ne cesse de voir les faits les plus odieus et les plus criminels abrités par un acquittement.
Entre tous les crimes et délits qui occupent nos tribanau3 correctionnels et nos cours d'assises, plus des trois quarts se rattachent à la rubrique : affaires de mœurs. Le Paganisme ne prenait nul souci de ces choses. Tous ces actes oiiieux, voués encore à l'infamie aujourd'hui , passaient couramment sous ses yeux sans soulever ni l'indignation ni le mépris: Le viol. l'adultère, le divorce multiplié avaient partout cours d'usage. Que dirai-je de cette odieuse monstruosité de l'amour auti physique, qui était plus naturalisé, en quelque sorte, que le goût des femmes ! La délicatesse la plus exquise ne s'en offensait pas ; et la plus austère philosophie se jouait de ces infâmies; et Plutarque dans sa vieillesse , et Caton, et Cicéron lui-même ne s'en cachaient pas : Video quid ai'riseris , disait ce dernier en racontant ces turpitudes, sed iamen itn res se habet
Un homme grave, un saint prêtre, Salvien, que l'on appelle le Jérémie du V° siècle, décrit ainsi l'af&euse turpitude dont U s'agil. et dont il avait été spectateur : « Viri in semetipsis fcBinineas profiiebanlui; et hoc sùte » pudoris umbracuto, sine ullo rerecundiœ amictu ; » ac quasi parum piacuU esset , si malo illo malorvm
^ianlum mquinar-entuv auctores, per publicam sce- \ leris professionejn fiehat etiam scelus integrœ cin- » tatù : Videbat f/uippe kœc universa urbs, et palie- ' baiur; vir!£bont Judices el acquiescebanl ; popit/us
» ridebai et applaudehat »
N'élaient-ce pas là. je le rlemaiifle, des préludes du prochain anéanlissement et de l'agonie du genre humain ? Les doctrines Païennes envahissent aujourd'hui toutes les clansos en haut et en bas ; et ce qui reflète la Société, le Rùtnantisnie, donne la|iiote vraie de notre dégradation morale-
Nos législateurs présents, dont la conservation sociale est le moindre souci, ont commencé déjà l'œuvre de concordance des lois avec nos mœurs : l'institution nouvelle du divorce est un acheminement dans la voie : et pour peu qui? la vie leur dum ils ne s'arrêteront pas là.
Et que dirai-je de la justice?..., Ent-ce qu'aujourd'hui le vol est encore un délit ? Je dis le vol en grand. Celte épilhète, qui soulevait d'indignation la conscience de nus pères, n'excite plus qu'un haussement d'épaulas aujourd'hui. Nos vocabulaires auront à effacer désormais certains mots Jadis offensants et maintenant bien portés. . • . (l)
■€ Si l'on tiépare la vérité morale des actions humaines, il n'est plus de règle pour juger ces actions j si l'on retranche la vérité morale de la vérité politique, celle-ci reste .sans base ; alors il n'y a plus aucuTie raison de préférer la liberté à l'esclavage, l'ordre à l'anarchie. Mon
(I) Ah. gardoQS noti-e lénislaiion si éininemnient chrétienne > nouH ne voulons pas que la société péristie
intérêt ! dires-vous. Qui vous a dit que mon intèrèl est Tordre et la liberté ?. . . si j*aime le pouvoir moi comme tant d*autres révolutionnaires? Si je veux bien abaisser ce que j'envie ; si je ne me contente pas d'être un citoyea pauvre et obscur, au nom de quelle loi m'obUgeras-vous à me courber sous le joug de vos idées? — Parla force? — Mais si je suis le plus fort?
« En détruisant la liberté morale, vous me rendrez à l'état de nature; tout m'est permis, et vous êtes en contradiction avec vous-mêmes quand vous venez, afin de me retenir, me parler de certaines nécessités que je ne reconnais pas . Ma règle est mon bras : Vous l'avez déchaîné, je retendrai pour prendre où frapper au gré de ma cupidité ou de ma haine. » (1)
lies iMuneii de la eonstltatloii saelale.
« Quand les principes conservateurs des sociétés sont ébranlés, il faut les replacer sur leurs bases : quand un édifice menace ruine, on en sonde, on en raffermit les fondements, »
On parle beaucoup, de nos jours, des droits et des devoirs: et ce qu'on en dit souvent pourrait faire douter, qu'on en ait une idée bien nette. Il importe d'éclairer ces deux
(i) Études historiques, p. 278.
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wrtantes notions ; car le droit et le devoir sont les deux grands pivots de la société et de la vie humaine.
Ceux qui aspirent à diriger le peuple lui pai-lent bien souvent de ses droits, ils on exagèrent même l'étendue ; mais ils oublient de lui parler de ses devoirs. Ils n'omettent pas cependant de nommer ceux-ci ; ils les ont inscrits BUT leur bannière internationale comme superbe devise : Pax de droits sans devoirs, pan d£ devoirs sans droits.
Tout le monde sait que ce n'était là qu'une vaine formule destinée à tromper les naïfs. Dans la réalité, on ne prônait que les droits, on oubliait les devoirs.
Tenons donc au peuple le langage de la vérité et de la raison; montrons lui ses droits, ses \Tais droits, que personne aujourd'hui ne peut plus méconnaître j mais rappelons lui aussi ses dévoilas qui n'en peuvent être sépai'ès et sont eu même temps la garantie de ses droits.
Le UroK et le Devoir.
a I. Si l'on comptait toutes les souffrances que. depuis des siècles et des .siècles, le peuple a endurées sur la surface du globe, non par une suite des lois de la nature, mais des vices de la Société, le nombre en égalerait celui des brins d'herbes qui couvrent la terre humectée de ses pleurs.
» En sera t-ii toujours ainsi t Cette multitude est-elle
destinée & parcourir perpétuellement le cercle des mâmes douleurs? Sur tous les poiittsde la route tracée parelleii travers le temps, ne sortira t-il jamais de ses entraille* qu'un lamentable cri de détresse? Y at-il en elle ou hors d'elle quelque nécessité fatale qui doive jusqu'à la fin lui interdire un étal raeûleur? Le Père céleste l'a-t-U condamnée à souffrir également toujours ?
» Ne le pensez pas, ce serait blasphémer en vous-même.
» Les voies de Dieu sont des voie.s d'amour. Ce (pii vient de lui, ce ne sont pas les maux qui af^genl sec pauvres créatures, mais les biens qu'il répand autour d'elles avec profusion.
» Quelques-uns disent : vous êtes en naissant rleslînt> au supplice ; ici bas votre vie n'est que cela et ne doit être que cela. Mais le supplice, ce sont eus qui le font, et parce qu'it.* ont fondé leur bien à eux sur le mal des autres, ils voudraient persuader à ceux-ci que leur misère est irrémédiable et qu'essayer seulement d'en fiortir serait une tentative au3.«i ciiminelle qu'insensée.
N'écouleE pas cette parolfl menteuse. La félicité parlaite à laquelle tout être humain aspire, n'est pas. il est vrai, de ce monde, vous y passez pour atteindre un but. pour l'emplir les devoirs, pour accomplir une œuvre ; le repos est au-delà, et c'e.-'t maintenant le temps du travail.
La misÀre qu'on vous dit irrémédiable, vous avez au oontnilre, à y remédier ; et puisque l'obstacle n'est pas dans lu nutun^, mais dans les hommes, vous le pourrez HJtAl que vous le voudrez; car ceux dont l'intérêt, tel i^i'ilh le comprennent faussement, .serait de vous en uiupécher. que sont-ils près de vous! quelle est leur hvoti Vuu> Aies cent contre chacun d'eux !
• Si jusqu'ici vous n'avez recueilli que si peu rie l'niit de vos efforts, uoinment s'en étonner? Vous aviez en main ce qui renverse, vous n'aviez pas dans le cœur ce qui fonde : la justice vous a manqué quelquefois, la charité toujours.
» Vous aviez k di^femlre votre droit, vous avez ou l'on , a souvent attaqué en votre nom le droit d'autrui ; tous aviez à établir la fraternité sur la terre, le règne de Dieu et le règne de l'ainoui' : au lieu de (^ela, chacun n'a pensé qu'à soi, chacun n'a eu en vue que son intérêt propre ; la haine et l'euvie vous ont animés. Sondez votre Ûine, et presque tous vous trouverez cette pensée secrète : • Je » travaille et je souffre, celui-là est oisif et regorge de > jouissances : Pourquoi lui plutôt que moi ? > et le dé«ir que vous nourrissez serait d'être à sa place, pour vivre comme lui et agir comme lui.
Or, ce ne serait pas là détruire le mal. ce serait le perpétuer.
Voulez-vous réussir ? Faites ce qui est bon par de bons moyens. Ne conl'ondez pas la force que dirigent la justice et la charité, avec la violence brutale et féroce.
iH. La sagesse qui préside à la vie humaine et l'empêche 'errer au hasard, consiste dans la connaissance et dans la pratique des vraies lois de l'humanité j et l'ensemble de ces loU dont se compose l'ordre moral est ce qu'on appelle droits et devoirs.
Plusieurs ne vous parlent que de vos devoirs, d'autres ne vous parlent que de vos droits : c'est séparer dangereusement ce qui est de fait inséparable. U faut que vous connaissiez et vos devoirs et vos droits, pour défendi'e
o6uz-ci, pour accomplir ceux-là ; janiaia vous ne sortirai autrement de votre misère.
» Le droit et le devoir sont comme deux palmiers qni ne portent point de fruits s'ils ne croissent à cdté I'ul de l'autre. »
« Votre droit, c'est vous, votre vie, votre liberté.
Est-ce que chacun n'a pas le droit de vivre, le «jrott de conserver ce qu'il tient de Dieu?
Eat-cô que chacun n'a pas le droit d'exercer sans obstacle et de développer ses facultés tant spirituelles qiis corporelles, afin de pourvoir à ses besoins, d'amélio* rersa condition, de s'éloigner toujours plus de la brute et de se rapprocher toujours plus de Dieu ?
« Est-ce qu'on peut justement retenir un pauvre Atrft humain dans son ignorance et dans sa misère, dans son dénuement et son abaissement, lorsque ses efforts pont en sortir ne nuisent à personne, ou ne nuisent qu'à ceux qui fondent leur bien être sur l'iniquité en le fondant sur le niai des autres?
Or, ce qui est vrai d'un individu est également vrai de tous. Tous possèdent donc le même droit de conserver ab de développer leur être ; et ce droit qui appartient à tous, doit être respecté par tous et en tout ; sans quoi U n'exi»-i terait réellement pour aucun. ■>
III. Cette obligation réciproque de respecter te droit d'aulrui, seule garantie que chacun puisse avoir de sqil propre droit, est ce qu'où appelle decoù-.
Le droit et le devoir ne sont donc en réalité qu'une même chose considérée sous deux aspects divers.
Ces mots qui se rattachent par une commune racinci.
avx mêmes faits primilil's, ii'espriineiit que deux relatioos qui se déterminent mutuellement.
Mon droit détermine à mou égard lu devoir d'autnii ; le devoii- d'autrui détermine en un sens mon droil.
Ainsi j'ai le droit de me nourrir et de me conserver ; de là, le devoir d'autrui de ne pas m'empêcher de me BOiirrii' et de m'y aider au besoin chacun selon son pouvoir.
On doit donc mutuellement respecter le droit les uns des autres et c'est là le commencement du devoir, la justice.
> Mais la justice ne suffirait pas aux besoins de l'humanité. Chacun, sous son empire jouirait, à la vérité pleinement de son droit, mais resterait isolé dans le monde, privé de secours et de l'aide perpétuellement nécessaire à tous. Un homme manquerait-il de pain, on dirait: qu'il en cherche; est-ce que je l'en empêche? Je ne lui ai point enlevé ce qui était à lui. Chacun pour soi... La veuve, l'orphelin. le malade, fe faible, seraient abandonnés. Nul appui réciproque, nul bon office désintéressé; parlout, l'égoïsme et l'indifférence i plus de liens véritables, plus de souffrances ni de joies partagées, plus de respiration commune.
» La vie retirée au fond de chaque cœur, s'y consumerait solitaire comme une lampe dans un tombeau, n'éclairant que les débrisde l'homme ; car unhomme sans enti'ailles, dénué de compassion, de sympathies, d'amour, qu'est-ce autre chose qu'un cadavre qui se meut ?
» Et puisque nous avons tous besoin les uns des autres, de nous appuyer les uns sur les autres ; puisque le genre humain périrait sans une mutuelle communication des
biens que chacun possède individuellement 911 verb la loi de justice, une autre loi est nécessaire à sa co: vation, et cette loi est la charité..
La charité qui forme un seul corps vivant des meta. épars de l'humanité, est la consommation du devoir 1 la justice est le premier fondement.
Que serait un homme concentré uniquement en même par l'égoïsme, ne nuisant à personne directen et ne servant non plus personne, ne songeant qu'à ne vivant que pour soif
Que serait un peuple composé d'individus sans U< où nul ne compatirait aux maux d'autrut, ne se tienc obligé d'aider ses firèrea et de les- secourir ; ou éohaiige de services, tout acte de miséricorde et de j ne serait qu'un calcul d'intérêts ; ou rien ne se répand de chacun en tous et de tous en chacun par une sec: impulsion del'amour, qui ne sait ce que c'est de possû parcequ'il ne jouit que de ce qu'il donne.
Ce peuple croupirait dans la honte et se détruirait même, s'il n'était emporté par l'une de ces tempètt qui Dieu ordonne de passer sur ce monde pour te purU
< C'est le droit qui affranchit ; mais c'est le devoir nuit ; et l'union c'est la vie, et la parfaite union est la parfaite.
La nature entière nous avertit de l'indispensable be» que tous ont les uns des autres ; le précepte divin secours mutuel et du dévouement et de l'amour, nous à chaque instant rappelé par ce que nos yeux voi autour de nous.
Les plantes et les animaux n'existent comme espè que parce qu'il existe des individus dont la réunion f<A
chacune de ces espèse» . et il en est ainHÎ de l'homme. Qu'est-ce que l'humanitt^ , le genre humain , si ce n'est la réunion des indiridus distincts appelés hommes.
D'une autre pai-t. nul individu, à quelque classe d'êtres qu'il appartienne , ne peut subsister isolément. Sa vie et le développement de sa vie dépendent de ses relations avec tes êtres de même espèce , avec tous les êtres de l'univers ; s'il agit sur eux . ils agissent sur lui et bien plus puissamment.
L'homme a besoin de tous les autres êtres ; il les ramène tous à son usage . les ordonne en quelque manière autour de sa vie , k l'entretien et au progrès de laquelle ils sont nécessaires à divers degrés.
Il a surtout besoin de ses semblables ; il en a besoin à sa naissance pour subsister seulement un jour . il en a besoin constamment. Sans eux sans leur appui , leur concours , que serait-il? Moins que l'animal , car il manquerait, et de l'intelligence que la société développe et de l'instinct sûr de la brute, qui supplée pour elle la raison dans les étroites limites fixées par la nature et qu'elle ne saurait franchir.
IV. Ainsi le droit , en ce qu'il a de primitif et de radical , est inaliénable. À-t-nn jamais imaginé qu'on put aliéner son être, le donner h autrui, le lui remire propre? On peut, on doit quelquefois mourir pour son frère , mais on ne peut ni transformer son frère en soi . ni se Irausformer en son frère.
Le droit de se conserver ou le droit de vivre, implique le droit à tout ce qui est indispensable à l'entretien de la vie. L'auteur de l'univers n'a pas fait l'bomme de pire
condition que les animaux. Tous ne sont-ils pas conviés au riche banquet de la nature ? un seul d*entre-eux en est-il exclu ? Dans Tatôme liquide ou voyage , comme la baleine dans l'océan , l'insecte imperceptible , la Providence a déposé l'élément nécessaire à ça subsistance, et lui aussi puise à la mamelle intarissable de la commune mère , sa gouttelette de lait , qu'elle distribue selon la nature de ses besoins , à chaque créature.
« Mais l'homme , plus élevé qu'aucune d'elles , a deux sortes de vie , la vie du corps et la vie de l'esprit : c U ne > vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui » procède de la bouche de Dieu. » C'est à dire de la vérité qui nourrit son intelligence.
» Que serait-il sans la connaissance de la loi religieuse et morale, qui l'unit à Dieu et à ses semblables , qui le sépare de la brute par le sublime privilège de la vertu.
» Cette notion est la vie de l'esprit et tous y ont un droit égal , parceque tous ont le droit de vivre , le droit de se conserver et de se développer. Or, se développer, c'est croître sans obstacle , c'est appliquer librement son activité à tout ce vers quoi la porte Timpulsion interne, dans les limites fixées par l'ordre universel ; et le droit dès lors, inséparable de la liberté, se confond avec elle dans son exercice.
» Nul homme n'appartient à un autre homme. Ne sontils pas égaux par nature ? sur quel fondement lun d'eux prétendrait-il asservir les autres ? chacun , maitre de soi , peut à son gré disposer de soi ; autrement , au lieu d'être ce que Dieu la fait , un être raisonnable doué de volonté, il devient une pure machine. »
« Or. je le demande, est-ce là l'homme ? Concevez-vous un être humain privé de raison , ou une raison sans volonté, ou une vulciiité sans action , ou un acte qui soit rèslleraent de celui qui lopère . s'il ne dépend pas de lui nuiquemeut? »
Ainsi, la liberté c'est le (troit, et le droit c'est la liberté. Avec elle disparaît tout ordre moral.
Celui qui ne ^ense , ne croit , ne fait que ce qu'on lui commande . de quel mérite est-il capable et de quoi répond-il? il n'existe pour lui ni vrai ni faux, ni bien ni mal.
Le bien et le mal impliquent un choix, indiquent la liberté, et la liberté, soumise aux condilious générales de l'ordre, a sa limite et sa règle, non dans les prescriptions humaines, mais dans les lois de la justice et de la raison.
Tel est le droit selon son essence : il est le principe conservateur de l'être individuel , sa loi propre. Ou peut le violer, mais il réclame étenieUement contre sa violation.
Mais l'homme ne vit pas seul ; Dieu ne l'a pas destiné à celle existence solitaire : il ne se conserve et se développe selon sa nature que dans la société, par l'union avec ses semblables ; et l'union des individus forme les peuples, et l'union des peuples forme le genre humain ou la famille universelle , que nous devons travaillRr sans cesse h constituer, pour que la somme des maux, dont l'égoïsme est la source impure, diminue sans cesse et que celle des biens répandus par la Providence la long de notre route ici bas , augmente en même proportion.
Quelle que .soit l'origine d'une association humaine . chacun de ses membres y apporte avec soi son droit, tel que nous l'avons expliqué, et l'y conserve immuablement.
car le droit , je le répète , ne peut ni se perdre, ni s'aliéner, et l'ensemble de ces droits égaux , et les même pour tous, forme le droit du peuple, le droit social; car le peuple, c'est la société , qui ne subsiste que par lui et n'existerait pas un seul instant sans lui.
Le peuple a donc , comme l'individu , le droit de vivre, le droit de se conserver et de se développer librement. Toute atteinte portée à ce droit est une violation des lois du Créateur ; et plus cetto violation est profonde, plus les maux qu'elle eugendre sont profonds aussi.
lie Droit (suite).
Et maintenant , ô Peuple ! dis-moi ce qu'est devenu ton droit en ce monde aujourd'hui ?
Considère ce que fut jadis et ce qu'est encore ta pauvre vie si chargée de labeur?
Esclave autrefois , puis serf durant de longs. âges. Toujours opprimé, exploité toujours quel finiit as-tu
retiré de ce qu'on a , par moquerie , appelé ton afirandûssement ?
Depuis que l'ouragan des révolutions a plusieurs lois agité le monde ; depuis qu'au nom des intérêts et des droits du peuple on a renversé des gouvernements pour les remplacer par un ordre de choses plus favorable à ses
intérêts , on cherche en vain ce que le Peuple y a gagné en réalité.
On a organisé le gouvernement populaire, et par une insultante ironie on a appelé le F^uple Souvet'aiii.' qoï donc a-t-on voulu tromper? Est-ce que le Peuple peut gouverner? Oui, dit-on. par ses délégués. Mais comment peut-il les connaître et les juger?
Il tombe dès lors à la merci de fourbes et de charlatans qui exploitent son ignorance.
Au lieu d'un chef indépendant que lui donnait la Monarchie pour sauvegarder ses droits , le Peuple a aujourd'hui des mîliieis de maîtres avides qui , pour la plupart, ne travaillent que pour eux et ne ."îe doutent pas de sa misère.
Sous une apparenoe de suprématie , le Peuple ne cesse pas d'être esclave . cela est suffîsamment démontré. Sans doute, notre vie sur la terre ne saurait être exempte de douleur : le besoin , la souffrance même . en excitant notre activité, sont une condition du progrès commun. Les inégalités sociales ne cesseront jamais : égaux en droits, les hommes ne possèdent point de facultés égales, ne naissent pas tous en des circonstances également favorables à leur développement.
Le développement même de la vie sociale oppose un
istacle invincible à l'égalité des fortunes : Etablie le
latin.le soir elle n'existerait plus; l'industrie plus ou moins intelligente, plus ou moins active, la bonne ou mauvaise économie l'auraieiit déjà détruits.
Les deux classes de pauvres et de riches subsisteront toujours; les premiers en plus grand nombre, ont eu partage la fatigue . les angoisses . la souffrance et la
privation parfois des choses les nécessaires ; les seconds, pourvus d'un large superflu , n'en usent que pour leurs caprices et leurs plaisirs. Ne croyez pas cependant qu'ils soient à Tabri des soucis et des peines : des souffrances, plus poignantes parfois que Cf^Ues des plus malheureux , les atteignent ; et , quant ils n'ont pas pour les tempérer les consolations et les espérances d'une vie supérieure, on les voit entraînés , par le découragement et le désespoir, au Suicide. On ne rencontre cette fin funeste nulle part plus fréquente que dans les classes aisées.
C'est que là , au sein de cette société qui vit dans un égoïsme abject , insouciante ou ignorante de toutes les misères qui l'entourent . qui n'a conscience que de ses droits à la jouissance, à la satisfaction de tous les caprices du luxe et des prodigalités de toutes sortes, mais n'a nulle idée des devoirs rigoureusement imposés dans toute société à la richesse ; l'oubli de ceux-ci expose toujours tôt ou tard à des réactions terribles , compromettantes surtout pour elle-même.
« Les Suicides sont toujours communs chez les peuples corrompus. L'homme réduit a l'instinct de la brute meurt indifféremment comme elle. >
lies devolra.
« On ne saurait trop répéter aux hommes :
» Défendez tos droits avec fermeté , aocom- » plissez vos devoirs fldèiemont. Le devoir » sans le droit, c'est l'esclavage; le droit • sans le devoir, c'est l'anarchie. »