‹ Le peuple hier, aujourd'hui,demainChapitre 5 sur 11 · TO · texte numérisé non relu

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Aussi est-il Tobjet de tous les mépris ; et ceux-là mêmei qui Texploitent à leur profit, qui, à Theure du besma vantent avec Montesquieu, le bon esprit des masses, b haute sagesse du peuple, Tinfaillibilité de ses appréda tions, ceux-là, dis-jé, le tour joud,rescamotage accompli ne trouvent pas de termes qui répondent à la hauteur d leur dédain.

Je le demande encore, co pauvre peuple, ce prolétair élevé à la dignité de souverain, a t-il agi dans la libert de son droit , n*a-t-il pas été encore Vesclate de la Coc litionf Ce droit qui lui est concédé avec tant d'éck n*est- il pas encore une perfide duperie ?

Mais supposons maintenant que le peuple ouvrier es capable d'apprécier le valeur des hommes qui aspirent la délégation de ses pouvoirs. Nous avons démontré qa chez le plus grand nombre le vote est aveugle, incom cient ; la fraction capable, intelligente, qui ne laisse riei à Taventure, veut être éclairée, comment le sera-l-elle

liC Peuple et le droit politique (suite)*

I. IjO but des réunions préparatoires à Télection est 1< suivant :

Le candidat vient exposer ses idées, affirmer ses con victions, développer son plan de conduite ; un déba

radîctoire pabliquenient ouvert amène Aes éclaircissements utiles et le vote, qui intervient alors, estintell^ent et libre.

Cet exposé de principes, cette ligne rie conduite strictement tracée, ne devraient-ils pas être pour le camlidat on engagement d'honneur f

Si. par une conlradiction stupide sous un régime déiuoeratique. la Constitution qui nous r^git a proscrit le mandai impératif ; si la liberté ds Télu est consen-ée absolue et intacte, on sait du moins que celui-ci ne peut aUrihuer ses sufirages qu'à la concordance de ses principes pei-sonnels avec ceux de la majorité ; qu'ayant pris connaissance des intentions de ceux qui l'ont élu. il s'est voué à la défense de loua leurs intérêts , des intérêts populaires principalement ; qu'il y a , dans l'acceptation des votes , avec les conditions prescrites , une sorte de Mandat impêrali/' d'honneur dont il ne peut sans forfaiture renier l'engagement.

Or, qu'arrive-t-il d'ordinaire ? que voyons-nous tous les jours?

L'homme aux mains duquel le Peuple a remis son pouvoir souverain sort de l'élection, armé de son iudé^ peiidance et de sa liberté absolue ; les engagements qu'il a pris en face de l'électeur, son Maître d'une heure, sont bien vite oubliés ; les intérêts qui l'occupent ne sont plus ceux du peuple, mais ses propres intérêts à lui Député.

11 s'estengagé à protéger le travail national, le travail,

tichesse de l'ouvrier, ce qui le fait vivre lui et sa famille

et de l'absence duquel il mourrait de faim.

Et le député livi-e à l'étranger le marché iiational, ouvre

B fironUères à tous les produits du travail exotique et

enlève au prolétaire le seul bien qu'il poâràde, le travail !

Est-ce bien là, je le demande, rengagement qu*a pris le député la yeiUe de l'élection ? Le plus souvent, à cette heure, la condition la plus importante formellement stipulée était la protection du travail national agricole et industriel.

Une autre condition tout aussi rigoureusement formulée par l'unanimité des électeurs était la diminution des impôti et l'économie de la fortune publique. Le député s'est engagé d'honneur à défendre aussi ces deux points, bases de la prospérité publique ; voyons ce qu'il a £ait

11. Ou ne songe pas assez généralement aux origines de l'impôt.

Sans vouloir ici développer cette question, l'une des plus importantes de l'Economie sociale, je dirai qu'elle se résume en un fait évident : l'impôt est prélevé sur le travail.

Ce qui donne aux choses utiles leur valeur, c'est le travail, le travail du peuple ; c'est donc lui, en dernière analyse, qui en porte le lourd fardeau

L'impôt est payé par tout le monde : la richesse d'abord le suppoi*te ; nous savons que la propriété c'est le (ruit du travail accumulé ; mais le peuple n'en est pas affi^anchi.

L'ouvrier, dit-on, qui ne possède rien ne paie pas d'impôts : c'est une complète erreur.

L'ouvrier possède son travail et je l'étonnerai peut-être en démontrant que c'est sur lui que pèse la plus lourde part de l'impôt.

L'ouvrier paie l'impôt sur la maison qu'il habite, sur

l'air qu'il respire, sur 1« vêtement qui le couvre, sur le pain, siir les boissouR, sur tous les aliments enfin qui le iont vivra.

Sans doute ce n'esl. pas lu! qui paie directement l'impôt sur toutes ces choses ; mais à la valeur de chacune d'elles est ajoutée celle de l'impôt.

Le propriétaire, le commerçajit, le marchand en font l'avance au fisc, mais ils se le font restituer en détail par tous les consommateurit ; et tous ces objets, indispensables à l'existence . soi-aient payés moins chers si le prix de rimpôt ne venait s'y adjoindre.

L'impôt de l'hygiène et de la prapreté est même imposé k l'ouvrier souvent malgré lui.

Eu égai-d aux difficultés de l'existence, le prolélaire prend peu de souci des conditions d'insalubrité qui l'enlourenl et deviennent causes de maladies ; l'édilitê publique en vue de sauvegarder la santé générale, contrôle la ilonieui-e du pauvre, et si elle y constate des causes d'insalubrité, prescrit d'office au propriétaire les réparations utiles pour prénjunîr la nanlé tles habitants ; mais celui-ci, à qui sont imposées ces réparations, n'entend pas en supporter les charges, s'en exonère aussitôt par un accroissement de loyer. C'est donc le pauvre ouvrier en fin de compte qui en porte le fardeau.

Cela est connu et se voit tous les jours ; l'ouvrier, peu soucieux d'ordinaire de la propreté et de la salubrité de sa demeure, est péniblement louché du surcroît fie charge qui lui en revient et prie instamment les commissions sanitaires de le laisser tranquille dans sa pauvre habitation dont il aura à payer ce qu'il appelle l'inutile embellissement.

Ce n*est pas toutefois que l'ouvrier soît insensible 2 propreté ; mais ces soins il veut les prendre lui-même a accueilli volontiers Fofirande gratuite des moyens badigeonnage à la chaux de ses murailles ; ce travaî lexécute lui-même, il y consacre sa première heure chômage du dimanche ; mais ce qui le tourmente, c*a prétention de son propriétaire d'élever de quelques fin son loyer mensuel pour les plus minimes r^mrat autour de lui ; ce qui n*est autre chose qu'une nom surcharge d'impôts.

Cela suffit, ce semble, pour convaincre l'ouvrier loin d'être affi'auchi de l'impôt, c'est lui, au contrs c'est son travail qui on est de toutes façons le chargé.

C'est donc à lui, électeur souverain, d'imposer à mandataire le devoir rigoureux de diminuer les chai de l'impôt.

Examinons ce qui advient . . .

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