DEMAIN
État de la question «oelale.
I. Deux voies diamétralement opposées sont ouvertes à l'avenir du Peuple ; et de celle où il s'engagera dépendra le sort des sociétés futures.
« On a dit qu'il y a deux versants dans l'histoire du monde, l'un au-delà, l'autre en deçà de la Croix du Sauveur. Or, en ce moment , à la fin du XIX® siècle , l'esprit humain est évidemment plein de trouble, de tumulte et de contradiction. Les esprits délibèrent, s'excitent, s'arrêtent, se repoussent, s'excluent; se condamnent et s'attaquent autour d'un point qui est le €hrl«tlanl«iiie. On se bat autour de la Croix. Les uns prétendent la
renverser et revenir à rancien monde, qui est en deçà de la Croix ; les autres veulent la maintenir et avancer dans le monde nouveau, qui est au-delà. En attendant et pendant qu*on se bat, la masse des hommes demeure dans la stérilité du désert, entre la terre promise et rÉgypte ; TÉgypte où Ton ne retournera pas ; la terre promise où certainement on entrera. Mais ceux qui refusent d'y venir mourront dans le désert , et nous y feront mourir avec eux, jusqu'à ce qu'une génération nouvelle s'élève et que Dieu la trouve décidée à le suivre. > (1)
« Le Christianisme sépare l'histoire du genre humain en deux portions distinctes : depuis la naissance du monde jusqu'à Jésus-Christ, c'est la Société avec des esclaves, avec rinégalité des hommas entre eux , l'inégalité sociale de l'homme et de la femme ; depuis Jésus-Christ jusqu'à nous , c'est la Société avec l'égalité des hommes entre eux , l'égalité sociale de l'homme et de la femme. C'est la société sans esclaves , ou du moins sans le principe de l'esclavage.
» L'histoire de la société moderne commence donc véritablement de ce côté-ci de la Croix. Pour la bien connaître, il faut voir en quoi cette société différa, dès l'origine , de la Société payenne , comment elle la décomposa, quels peuples nouveaux se mêlèrent aux chrétiens pour précipiter la puissance Romaine, pour renverser Tordre religieux et politique de l'ancien monde » (2)
(1) A.^ratry.
(3) Etudes historiques, SQUi,
Aujourd'hui que nous sommes accoutumés aux coups incessants des révolutions, nous semblons avoir perdu la mémoire du passé et vouloir tenter la progression dans de nouvelles voies , dussentcelles nous mener aux abîmes.
IL — Accepterons - nous comme point de départ de progrès nouveaux , les restes encore debout des vieilles croyances chrétiennes , pour les consolider davantage dans l'esprit des masses populaires et réveiller, dansTâme des puissants du jour, des sentiments de sympathie pour les souffrances d'autrui, leur faire comprendre que là est la seule sauvegarde de leur fortune, et montrer que lo progrès social et la vraie civilisation n'auront jamais d*autre base que la diffusion de la charité chrétienne dans toutes les classes ?
Ou bien, repoussant comme superflues ces vieilles doctrines si éminemment utiles . au temps où élites sont apparues, forons -nous abstraction des vingt siècles passés pour lenter une épreuve dans la voie de progrès nouveaux , inconnus au passé , et dont l'avenir seul nous réserve des perspectives nouvelles? En un mot, marcherons -nous en avant , éclairés par les brillantes lumières du passé , ou retournerons-nous au Paganisme ? Tel est le sujet de notre examen.
Nous avons à développer ces deux solutions de la question sociale.