‹ Le peupleChapitre 101 sur 188 · CARACTÈRE DIVIN DES MOURANTS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DIVIN DES MOURANTS

n'aimait à peindre que des personnes mourantes.

En ces jours d'arrivée, de départ, de passage entre deux mondes, l'homme semble les contenir tous ensemble^. La vie instinctive où il est alors plongé, est comme l'aube et le crépuscule de la pensée, plus vague que la pensée sans doute, mais combien plus vaste ! Tout le travail intermédiaire de la vie raisonneuse et réfléchie est comme une ligne étroite qui part de l'immensité obscure et qui y retourne. Si vous voulez le bien sentir, étudiez de près l'enfant, le mourant. Placez-vous à leur chevet, obsarvez, faites silence.

J'ai malheureusement eu trop d'occasions de contempler les approches de la mort, et sur des personnes chères. Je me rappelle spécialement une longue journée d'hiver que je passai entre le lit d'une mourante et la lecture d'Isaîe. Ce spectacle, très-pénible, était celui d'un combat entre la veille et le sommeil, un songe laborieux de l'âme qui se soulevait, retombait... Les yeux qui

•1 L'horréàr de la fatale énigme, le scea« qui ferme la bouche au moment où Ton sait le mot, tout cela a été saisi une fois, dans une œuTre dablime, que j*ai découverte dans une partie fermée du Père- Lâchasse, au cimetière des Juifs. C'est un buste de PréanU, on plutôt une tète, prise et serrée dans son linceul, le doigt pressé sur les lèvres. GEuvre vraiment ierrible, dont le cœur soutient à peine Timpression, et qui a Tahr d'avoir été taillée du grand eisean de la mort.

Page 1