CARACTÈRE DIVIN DES PETITS ENFANTS
nageaient dans le vide exprimaient, avec une vérité douloureuse , l'incertitude entre deux mondes. La pensée obscure et vaste roulait toute la vie écoulée, et elle s'agrandissait de pressentiments immenses... Le témoin de cette grande lutte qui en partageait le flux, le reflux, toutes les anxiétés , se serrait , comme en un naufrage , à cette ferme croyance, qu'une âme qui, tout en revenant à nos instincts primitifs, anticipait déjà dans celui du monde inconnu, ne pouvait s'acheminer parla à l'anéantissement.
Tout faisait supposer plutôt qu'elle allait de ce double instinct douer quelque jeune existence, qui reprendrait plus heureusement l'oeuvre de la vie, et donnerait aux rêves de cette âme, à ses pensées commencées, à ses volontés muettes , les voix qui leur avaient manqué *.
1 « L'aïeul reçoit l'enfant, lorsqu'il sort du sang maternel... Te voilà « donc renée, 6 mon âme, pour dormir de nouveau dans un corps. » (Lois Indiennes, citées dans mes OrifinesAu droit), -^Sins admettre Thypothése de la transmission des âmes (encore moins celle de la trans- . mission du péciié), on est bien tenté de croire que nos premiers insUncts sont la pensée des ancêtres que le Jeune voyageur apporte comme provision de voyage. 11 y i^oute beaucoup. Si J*écarte les théories, si Je ferme les livres pour regarder la nature. Je vois la pensée naître en nous corome instinct obscur, poindre dans un demi-jour, s'éclaircir et se diviser au joui de la réflexion; puis, formulée, et de plus en plus acceptée comme formule, passer dans nos habitudes, dans les