‹ Le peupleChapitre 104 sur 188 · IL LE REPRENDRA · texte numérisé non relu

IL LE REPRENDRA

Têtre qui n'a pas ployé encore, Tégalité avec tous ; tous jeunes alors, tous beaux, tous libres... Patientons, cela doit revenir; rinégalité n'est que pour la vie; égalité, liberté, noblesse, tout nous revient par la mort.

Hélas ! ce moment ne revient que trop vite pour le grand nombre des enfants. On ne veut voir dans l'enfance qu'un apprentissage de la vie, une préparation à vivre , et la plupart ne vivent point. On veut qu'ils soient heureux « plus tard , » et pour assurer le bonheur de ces années incertaines, on accable d'ennui et de douleur le petit moment qu'ils ont d'assuré . . . ^ .

Non, l'enfance n'est pas seulement un âge, un degré de la vie, c'est un peuple , le peuple innocent... Cette fleur du genre humain, qui généralement n'a que peu à vivre, suit la nature, au sein de laquelle elle doit bientôt retomber... Et c'est justement la nature que l'on veut dompter en elle. L'homme qui, pour lui-même, s'éloigne de la bar-

1 Je ne parle point de l'accablement du travail, ni des punitions innombrables, excessives, que noas infligeons à lear mobilité, voulue par ïa nature même, mais de l'inepte dureté qui nous fait plonger brusquement, sans précaution, dans les froides abstractions, un être Jeune, sorti à peine du sang et du lait maternels, tiède encore et qui ne demande qu'A s'épanouir en fleurs.

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