L*ENFANT DAMNÉ A SA NAISSANCE PAR LE MOYEN AGE
bras de sa nourrice, elle est jugée, elle est en péril de damnation, elle peut être jetée auoo bêtes noires de Tenfer ! « Ne livre pas aux bêtes, dit l'Église, les âmes qui te portent témoignage ! » Et comment celui-ci témoignerait-il? il ne peut comprendre encore, ni parler.
En visitant au mois, d'iioût 1845 quelques cimetières des environs de Luceme, j'y trouvai une bien naïve et douloureuse expression des terreurs religieuses. Au pied de chaque tombe se trouvait (selon un usagé antique) un bénitier, pour garder le mort jour et nuit, et empêcher que les Bêtes de l'enfer né vinssent prendre ce corps, le vexer, le promener, en faire un vampire. Pour l'âme, hélas ! on n'avait mil moyen de la défendre ; cette peur cruelle était avouée dans plusieurs inscriptions. Je restai longtemps devant celle-ci, sans pouvoir m'en arracher : « Je suis un enfant de deux ans... Quelle chose terrible est-ce donc pour un enfant si petit de s*en aller au Jugement et de comparaître déjà devant la face de Dieu! > Je fondis en larmes, j'avais entrevu l'abîme du désespoir maternel !
Les quartiers indigents de nos grandes villes, ces vastes oflRcines de mort, ou les femmes, misérablement fécondes, n'enfantent que pour pieu-