‹ Le peupleChapitre 119 sur 188 · L*É«USE REFUSE DE LES RECEVOIR · texte numérisé non relu

L*ɫUSE REFUSE DE LES RECEVOIR

mais avec efficacité, la réhabilitation de la nature. Celle-ci ne fut pas ingrate. L'homme fut récompensé; ces pauvres êtres qui n'ont rien, donnèrent des trésors. L'animal, dès qu'il fiit aimé, diira, se multiplia,.. Et la t^rre redevint féconde, et le mqnde qui semblait finir, recommença riche et puissant, parce qu'il avait reçu, conmie une rosée, la bénâdiction de la miséricorde.

La frâiilte, upe fois composée ainsi, il s'agit de la faire, si l'on peut, entrer tout enti^ dans l'É-^ glise* Ici grandes difficultés! On veut bien recevoir l'animal, mais pour lui jeter l'eau bénite, l'exorciser en quelque sorte, et seulement au parvis... « Homme simple, laisse là ta bête, etitre seul. L'entrée de l'Église, c'est le Jugement que tu vois représenté sur les portes; la Loi siège au seuil, saint Michel debout tient l'épée et la ba-lance... Gomment juger, sauver ou damner, ce que tu amènes avec toi ?. La bête, cela a-t41 une âme ?. . . Ces âmes de bêtes» qu'en feire ? leur ouvrirons-nous, des limbes, comme à celles des petits enfants ? >

N'importe, notre homme s'obstine; il écoute avec respect, mais ne se soucie de comprendre. II ne veut pas être sauvé seul , et sans les siens. Pourquoi son bœuf et son âne ne feraient-ils. pas

L'HOMME LES LUIAMÈNE A NOËL, |i91

leur salut avec le chien de saint Paulin? ils ont bien autant travaillé !

c Eh bien! je serai habile, dit-il en hiimême, je prendrai le jour de Noël où FÉglise est en&mille» le jour où Dieu est encore trop petit pour être juste... Justes ou non, nous passerons tous, moi, ma femme, mon enfant, mon âne. ..Lui aussi! Il a été à Bethléem, il a porté Notre-Seigneur. Il faut bien en récompense que la pauvre bête ait son jour. . . Il n'est pas trop sûr d'ailleurs qu'elle soit ce qu'elle parait; elle est, au fond, malicieuse» fainéante; c'est tout comme moi; si je n'étais aussi traîné, je ne travaillerais guère. »

C'était un grand spectacle, touchant, plus que risible encore, lorsque la bête du peuple était, mal* gré les défenaes des évoques et des conciles, amenée par lui dans l'égUse. La nature, condamnée, maudite, rentrait victorieuse, sous la forme la plus humble qui pût la faire pardonner. Elle revenait avec les saints du paganisme, entre la Sibylle et Virgile ^ . . On présentait à l'animal le glaive qui Tarrêta sous Balaam ; mais ce glaive de l'ancienne Loi, émoussé, ne l'ei&ayait plus ; la Loi finissait en ce jour, et faisait place à la Grâce. Hum-

1 Conservé longtemps à Rouen. Ducange, verbo Festum,

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