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L'INÉGALITÉ NE FAIT POINT OBSTACLE A L'AMITIÉ

tous les rapports du cœur, à se jouer iies difféhrenées^ des inégalités, qui sembleraient devoir créer à l'union d'insurmontables obstacles* h^ femme, par exemple, aime l'homme, justement parce qu'il est plus fort. L'enfant aime son ami, souvent parce qu'il est supérieur. L'inégalité leur plaît comme occasion de dévouement, comme émulation, comme espoir d'égalité* Le vœu le plus cher de l'amour, c'est de se faire un égd; sa crainte, c'est de rester supérieur, de garder un avantage que l'autre n'ait pas.

C'est le caractère singulier des belles amitiés d'ei^fance, que l'inégalité y sert puissamment. Il faut qu'elle y soit, pour qu'il y ait aspiration, échange et mutualité. Regardez ces enfants, ce qui leur rçnd ces amitiés charmantes, c'est, dans l'analogie de caractère et d'habitude, l'inégalité d'esprit et de culture; le faible suit le fort, sans servilité, sans envie; il l'écoute avec ravissement, il suit avec bonheur l'attrait de l'initiation.

L'amitié,quoi qu'on dise, est, bien plus que l'amour, un moyen de progrès. L'amour est, conune elle, une initiation sans doute, mais il ne peut créer d'émulation entre ceux qu'il unit; les amants différent de sexe et de nature; le moins avancé des deifx ne peut beaucoup changer, pour

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