XL LA SITUATION WK OBLIGÉ DS PARLER
qui va sombrer, je m'envelopperais la tête, et me remettnûs à Dieu. • . . Mais la situation n'est pas du tout ceUe-là; et c'est là ce qui m'indigne ; notre raine est absurde, ridicule, elle ne vient que de nous. Qui a une littérature, qui domine encore la pensée européenne? Nous, tout aflhiblis que nous sommes. Qui a une armée? Nous seuls.
L'Angleterre et la Rusme, deux géants faibles et boufiis, font illusion à l'Europe. Grands empires, et faibles peuples ! . . . Que la France soit une, uninstant ; elle est forte comme le monde.
La première chose, c'est qu'avant la crise ^, nous nous reconnaissons bien, et que nous n'ayons pas, comme en 1792, comme en 1816, à changer de front, de manœuvre et de système, en présence de l'ennemi.
La seconde chose, c'est que nous nous fiions à la France, et point du tout à l'Europe.
* J« n'ai Jamais n dans l'histoire une paix d« trente années.— Les lutnqnien qui n*ont préva ancune révolution (pas même celle de Juillet que plusieurs d'entre eux traTaillaient), répondent que rien ne lK>ugera en Europe. La première raison» qu'ils en donnent, c*est que la paix profite au monde. An monde, oui, et peu à nous ; les autres courent et nous marchons ; nous serons dans peu à la queue. Deuxié-
LA SITUATION Wk OBLIGÉ DE PARLER. XLl
Id, chacun \a chercher ses amis ailleurs \ le politique à Londres, le philosophe à Berlin ; le communiste dit : Nos frères les Chartistes. — Le paysan seul a gardé la tnulition du salut; un Prussien pour lui est un Prussien, un Anglais est un Anglais. — - Son bon sens a eu raison, contre vous tous, httmaniteirest La Prusse, votre amie, etTÂngleterre, votre amie, ont bn l'autre jour à la France la santé de Waterloo.
Enïantb, en&nts, je vous le dis : Afontez sur une montagne, pourvu qu'eDe soit assez haute; regardez aux quatre vents, vous ne verrez qu'ennemis.
TAchez donc de vous entendre. La paix perpétuelle que qudques-uns vous promettent (pen-
memeat, diêeni-Ua, ia guerre ne peut commencer qu*avee un «mprtml, et nout ne l* encorderons pat. Hais, si on la commence avec mi trésor, comme la Rassle en fttt us, si la goerre aoarrii la guerre» comme au tçmps de Napoléon, etc. , etc.
1 Prenez un Allemand, un Anglais an hasard, le plus libéral, parlei-)«i de ttl>ené, iir répondra liberté. Et puis tâches un peu de voir comment Us l'entendent. Vous vous apercevrez alors que ce mot a autant de sens qu'il y a de nations, ^e le démocrate allemand, anglais, sont aristocrates au cœur, que la barrière des nationalités que vous croyez effacée, r<;sl<) presque entière. Tous ces gens que vous oroyes si prés, sent à cinq eents lieues de vons.