‹ Le peupleChapitre 22 sur 188 · LE PAYSAN · texte numérisé non relu

LE PAYSAN

ner cette terre à peine acquise, et de redevenir des mercenaires, fermiers, métayers, journaliers. Par quels incroyables efforts purent-ils, à travers les guerres et les banqueroutes du grand roi, du régent, garder ou reprendre les terres que nous avons vues plus haut se trouver dans leurs mains ail dix-huitième siècle, c'est ce qu'on ne peut s'expliquer.

Je prie et je supplie ceux qui nous font des lois ou les appliquent, de lire le détail delà funeste réaction de Mazarin et de Louis XIV dans les pages pleines d'indignation et de douleur où l'a consignée un grand citoyen. Pesant de Boisguiîlebert *. Puisse cette histoire les avertir, dans un moment où diverses influences travaillent à Tenvi pour arrêter l'œuvre capitale de la France : l'acquisition de la terre par le travailleur.

Nos magistrats spécialement ont besoin de s'éclairer là-dessus , d'armer leur conscience ;

1 Grand citoyen, éloquent écrivain, esprit positir, qa*il ne faut pas confondre avec les utopistes de Tépoqae. On lai a attribué k tort Tidée de .la dim$ royale, ^ Quoi de plus bardi que le commencement de son Faetum, et en même temps, quoi de plus douloureux? c*est le profond soupir de Tagonie de la France. Boisguiîlebert lé publia en mars 1707, lorsque Vauban venait d'être condamné en février pour un livre bien moins bardi. Gomment cet homme héroïque n*a-t-0 pas encore une statue i Rouen, qui le reçut en triomphe au retour de son exil?... '(Réimprimé récemment dans la Collection des économistes.)

Page 1