‹ Le peupleChapitre 23 sur 188 · A FAIT LA TERRE · texte numérisé non relu

A FAIT LA TERRE

la ruse les assiège. Les grands propriétaires, tirés de leur apathie naturelle par les gens de loi, se sont jetés dernièrement dans milleprocès injustes, n s'est créé contre les conununes, contre les petits propriétaires, une spécialité d'avocats antiquaires qui travaillent tous ensemble à fausser l'histoire pour tromper la justice. Os savent que rarement lés juges auront le temps d'examiner ces œuvres de mensonge. Ds savent que ceux qu'ils attaquent n'ont presque jamais de titres en règle. Les communes surtout les ont mal conservés, ou n'en ont jamais eu; pour<pioi? justement parce que leur droit est souvent très-cantique, et d'une époque où l'on se fiait à la tradition*

Dans tous les pays de frontière spédalement^ les droits des pauvres gens sont d'autant plus sacrés que personne sans eux n'aurait habité des marches si dangereuses ; la terre çût été déserte, il n'y eût eu ni peuple ni culture. Et voilà qu'aujourd'hui, à une époque de paix et de sécurité, vous venez disputer la terre à ceux sans lesquels

1 Ajoutez qu'an moyen âge, dans la dhision de iant de proTînees, de seigneuries, de fiefs, qui forment comme anUnt d'États, la frontière 9tt partout. Dans des temps même plus récents, la frontière anglaise élait an centre de la France, en Poitou Jusqu'au treizième siècle, en Limousin Jusqu'au quatorzième siècle, etc.

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la terré n'existait pas! Youd demandez leur» ti^ très; ils sont enfouis; ce sont les os de leurs aïeux qui ont gardé votre frontière, et qui en oo^ cupent encore la ligne sacrée.

Il est plus d'un pays en France où le cultivateur a sur la terre Un droit qui certes est le premier de tous, celui de l'avoir faite. Je parle sans figure. Voyez ces rocs brûlés, ces arides sommets du ifnidi; là, je vous prie, où serait la terre sans rhomme? La propriété y est toute dans le proprié^ taire. Me est dans lé in^as infatigable qui brise le caillou toîit te jour, et mêle cette pousâëre d'un peu d'humus. Elle est dans la forte échine du vigneron qui du bas de la Côte remonte toujours Mn champ qui s'écoule toujours. Elle est dans la docilité, dans l'ardeur patiente de la femme et de l'enfant qui tirent à la charrue avec un âne. . . Chose pénible à voir. . . Et la nature y compatit elle-même. Entre le roc et le roc, s'accroche la petite vigne. Le châtaignier, sans terré, se tient en serrant le pur caillou de ses racines, sobre et courageux végétal; il semble vivre de l'air, et comme son maître, produire tout en jeûnant * .

1 Je sentis tout cela, lors qa^au mois de mai 1844, allant de Nfmes au Pny, je traversais TÂrdéche, cette contrée si Apre où Phomme a créé tout. La nature l*avait faite afirease ; grâce â lai, la voilà charmante ; charmante en mai, et même alors toujours an pén sévère, niais d'un

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