POUR CONTINUER L'ACQUISITION DE LA TERRE
elle à cela d'étrange, et qui attire, qu'elle est toujours incoiiïpMe; elle demande toujours qu'on l'arrondisse. Il y manque très-peu, ce quartier seulement, ou moins encore, ce coin. . . Voilà la tentation : s'arrondir, acheter, emprunter. < Amasse, si tu peux, n'emprunte pas, dit la raison. > Mais cela est trop long, la passion dit : « Emprunte ! > — Le propriétaire, homme timide, ne se soucie pas de prêter; quoique le paysan lui montre une terre bien nette et qui jusque-là ne doit rien, il a peur -que du sol ne surgissent (car nos lois sont telles) une femme, un pupille, dont les droits supérieurs emportent toute la valeur du gage. Donc, il n'ose prêter. — Qui prêtera? l'usurier du lieu, ou l'homme de loi qui a tous les papiers du paysan, qui connaît ses affaires mieux que lui, qui sait ne rien risquer,et qui voudra bien, d'amitié, lui; prêter? non, lui faire prêter, à sept, à huit, àdix! Prendra~t-il cet argent fimeste? Rarement sa femme en est d'avis. Son grand-père, s'il le consultait, ne le lui conseillerait pas. Ses aïeux, nos vieux paysans de France, à coup sûr, ne l'auraient pas fait. Race humble et patiente, ils ne comptaient jamais que sur leur épargne personnelle, sur un sou qu'ils étaient à leur nourriture, sur la petite pifcc0 que parfois ils sauvwent, au retou^