‹ Le peupleChapitre 29 sur 188 · ON CALOMNIE LE PAYSAN · texte numérisé non relu

ON CALOMNIE LE PAYSAN

sonnages que reçoit sa femme. Le matérialisme du paysan est le texte ordinaire de leurs lamentations : € Age impie, disent-ils, race matérielle! ces genslà n'aiment que la terre ! c'est toute leur religion! ils n'adorent que le fumier de leur champ!.. » Malheureux plié|isiens, si cette terre n'était que de la terre, ils ne l'achèteraient pas à ces prix insensés, elle n'entraînerait pas pour eux ces égarements, ces illusions. Vous, hommes de l'esprit et point matériels, on ne vous y prendrait pas ; vous calculez, à un franc près, ce que ce champ donne en blé ou en vin. Et lui, le paysan, il y ajoute un prix infini d'imagination; c'est lui qui donne ici tirop à l'esprit, lui qui est le poète... Dans cette terre sale, infime, obscure, il voit distinctement reluire Tor de la liberté. La liberté, pour qui connaît les vices obligés de l'esclave, c'est la vertu possible. Une famille qui, de mercenaire devient propriétaire, se respecte, s'élève dans son estime, et la voilà changée ; elle récolte de sa terre une moisson de vertus. La sobriété du père, l'économie de la mère, le travail courageux du fils, la chasteté de la fille, tous ces fruits de la liberté, sont-ce là, je vous prie, des biens matériels, sontce des trésors qu'on peut payer trop cher* ?

^ Le paysan ii*e8t pas quitte. Voici venir, après le prêtre, l'artiste

i9 NOiH.ESSE BT MIStRE

Hommes du passé, qui vous dites les hommes de la foi, si vous l'êtes vraiment, reconnaissez que ce fut une foi celle qui, de nos jours, par le bras de ce peuple, défendit la liberté du monde contre le monde même. Ne parlez pai^ toujours, je vous prie, de chevalerie. Ce fiit une chevalerie, et la plus fière, celle de nos paysans-soldats... On dit que la Révolution a supprimé la noblesse; mais' c'est tout le contraire , elle a fait trente-quatre millions de nobles... Un émigré opposait la gloire de ses ancêtres; un paysan, qui avait gagné des batailles, répondit : « Je suis un ancêtre! >

Ce peuple est noble, après ces grandes choses; l'Europe est restée roturière. Mais cette noblesse, il faut que nous la défendions sérieusement : elle est en péril. Le paysan, devenant le serf de l'usurier, ne seraitpas misérable seulement, il baisserait de cœur. Un triste débiteur, inquiet, tremblant, qui a peur de rencontrer son créancier et qui se cache, croyez-vQus que cet homme-là garde beaucoup de

pour le calomnier, l'artiste néo^catboUqae, cette race impuissaste de pleurears du moyen Age, qui ne sait antre chose que pleurer et copier... Pleurer les pierres, car pour les hommes, qu'ils meurent de faim, s'ils veulent. Comme si le mérite de ces pierres n'était pas de rappeler l'homme et d'en porter l'empreinte. Le paysan, pour ce monde-là, n'est qu'un démolisseur. Tout vieux mur qu'il ahat^ toute pierre qu'a remuée la el)«Knie, Uni w» inoompaiabto mine.

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