DU PAYSAN FRANÇAIS
courage? Que s«raît-ce d'une race élevée ainsii sous la terreur des juifs, et dont les émotions se^ raient celles de la contrainte, de la saisie, de Texpropriation»
Il faut q^e les lois changent ; il faut que le droit subisse cette haute nécessite politique et morale.
Si vous étiez des Allemands, des Italiens, je vous dirais : < Consultez les légistes ; vous n'avez rien à observer que les règles de Féquité civile. » — Mais, vous êtes la France; vous n'êtes pas une nation seulemrat, vous êtes un principe, un grand principe politique. Il faut le défendre à tout prix. Comme principe, il vous faut vivre. Vivez pour le salut du nipode !
Au second rang par l'industrie, vous êtes au . premier dans l'Europe par cette vaste et profonde, légion de paysans propriétaires soldats, la plus: forte base qu'aucune nation ait eue depuis l'empire romain. C'est par là que la France est formidable au monde, et secourable aussi; c'est là ce qu'il regarde avec crainte et espoir. Ûu'§st-ce en effet? l'armée de l'avenir, au jour où viendront les Barbares.
Une chose rassure nos ennemis ; c'est que cette grande France muette qui est dessous, est depuis longtemps dominée par unepetîte France, bruyante
SA SUPÉBIORITÉ.
et remuante. Nul gouvernement, depuis la Révolution, ne s'est préoccupé de l'intérêt agricole. L'industrie, sœur cadette de l'agriculture, a fait oublier son ainée. La Restauration favorisa la propriété, mais la grande propriété. Napoléon même, si cher au paysan et qui le comprit bien, commença par supprimer l'impôt du revenu qui atteignait le capitaliste et soulageait la terre ; il effaça les lois hypothécaires que la Révolution avsât Êdteâ pour rapprocher l'argent du laboureur.
Aujourd'hui, le capitaliste et l'industriel gouvernent seuls. L'agriculture, qui compte pour moitié et plus dans nos recettes, n'obtient dans nos dépenses qu'un cent huitième ! La théorie ne la traite guère mieux que l'administration ; elle s'inquiète surtout de l'industrie et des industriels. Plusieurs de nos économistes disent le travailleur pourdirerot^t>ner,oubliantseulementvingt-quatre millions de travailleurs agricoles.
Et cependant le paysan n'est pas seulement la partie la plus nombreuse de la nation, c'est la plus forte, la plus saine, et, en balançant bien le physique et le moral, au total la meilleure*. Dans l'affaiblissement des croyances qui le soutinrent jadis,
^ La popoltUon arl>aUie qui ne fait qu'on daquème de la naUoo fminiU lei deux cinqaièmei des aecnsés.