‹ Le peupleChapitre 31 sur 188 · SA SUPÉRIORITÉ · texte numérisé non relu

SA SUPÉRIORITÉ

abandonné à lui-même, entre la foi ancienne qu'il n'a plus et la lumière moderne qu'on ne lui donne pas, il garde pour soutien le sentiment national, la grande tradition militaire, quelque chose de rhonneur du soldat. H est intéressé, âpre en affaire sans doute; qui peut y trouver à dire, quand on sait ce qu'il souffre?... Tel qu'il est, quoi qu'on puisse lui reprocher parfois, comparez-le, je vous prie, dans la vie habitiidle^ à vos marchands qui mentent. tout le jour, à la tourbe des manu&otures. '

Hpinme de la tert^, et vivant tout en ;éUe, :il semble fait à son ims^e. Gomme elle, il est avide; la terre ne dit jamais : assez. Il est obstiné, lautattt qu'elle est ferme et persistante; il est patient, à son exemple, et non moins qu'elle, indestruictible; tout passe, et lui, il reste. .. Appelez-vous cela des défauts? Eh! s'il ne les avait pas, depuis longtemps vous n'auriez plus de France.

Voulez-vous juger nos paysans? regardez-les, au retour! du service militaire ! voud voyez c^s soldats terribles, les premiers du monde, qui revenant à peine d'Afrique^ de la guerre des lions, se mettent doucement à triavailter, entre leur sœur et leur mère, reprennent la vie paternelle d'épargne et de jeûne^ ae font plusdeguenre qu'à eux-mêmes.

Page 1