DANS LA VU.LB ET SB FAIT OUVRIER
terre qu'on voit toujours^ qu'on, remtie toujours, qu'on veut toujours étendre.
Certes, l'ouvrieif a besoin d'ube grande vertu pour épargner. S'il est facile, bon enfant et se laisse aller aux eamarades, mille dépenses variables emportent tout, le cabaret, le café et le reste. S'il est sérieux, honnête, il se marie dans quelque bon moment, où l'ouvrage va bieifi; la femme gagne peu> puis rien» quand elle a des enfents; l'homme, à Taise quand it était garçon, ne sait comment faire face à cette dépense, fixe, ac€fid>lante, qui revient tous les jours.
Il y avait Jadis, outre les droits d'etiti*ée. Une autre barrière qui repoussait le paysan des villes et Fémpêchait de fee faire ouvtier ; cette barrière était la difficulté d'entrer dans un métier, la longueur de l'apprentissage , l'esprit d'exclusion des confréries et corporations. Les familles industrielles prenaient peu d'apprentis, le plus souvent leurs enfonts qu'elles échangeaient entre elles. Aujourd'hui de nouveaux métiers se sont créés, qui ne demandent guère d'apprentissage et reçoivent un homme quelconque. Le véritable ouvrier, dans ces méti^s, e'est la madbine ; l'hoBime n'a pas^ besoin de beaucoup de forcé, nî d'adresse; il est là seulemœt pour wrveiUer» aider cçt ouvrier de fer.
52 IMPLUENGB DÉMOCRATIQUE
Cette malheureuse population asservie aux machines comprend quatre cent mille âmes» ou un peu plus ^. C'est environ la quinzième partie
i Ceux qui étendent ce ehifflre, y comprennent des oavriera ioccii» pés, il est vrai, dans les manuractares qui emploient des machines, mais nullement asservis aux machines. GeuxHsi sont et seront toujours une exception. ^L*extension du maekiniime (po«r désigner ee système d*un mot) est-elle i craindre? La machine doit-elle tout envahir? La France deviendra-t-elle sous ce rapport une Angleterre? — A ces questions graves. Je réponds sans hésiter : Non. Il ne faut pas 'juger de l'extension de ce système par Tépoque de la grande guerre < péenne où il a été surexcité par des primes monstrueuses que le;( merce ordinaire n'offire point. Éminemment propre i abaisser le prix des objets qui doivent descendre dans toutes les classes, il a répoi^ndu à un besoin immense, celui des classes inrérieures, qui, dans un moment d'ascension rapide, ont voulu tout d'abord avoir le comfortable, le brillant même, mais en se contentant d'un brillant médiocre, sonvent vulgaire, et, comme on dit, de fabrique. Quoique, par un effort |admirable, la manufacture se soit élevée A des produits très-beaux qu'on ne pouvait attendre, ces produits, fabriqués en gros et par des moyens uniformes, sont irrémédiablement marqués d'un caractère monotone. Le progrés du goût rend sensible cette monotonie, et la fait parfois trouver ennuyeuse. Telle œuvre irrégulière des arts non mécaniques cliarme l'œil et l'esprit plus que ces irréprochables ckefr-d'œnTre industriels qui rappellent tristement par l'absence de vie le métal qui fut leur père, et leur mère, la vapeur.
Ajoutez que chaque homme maintenant ne Veut plus être teiie eiatee, mais Ul hommes il veut être lui-même ; par suite, il doit souvent faire moins de cas des produits fabriqués par elanes, sans individualité qui réponde A la sienne. Le monde avance dans cette route ; chacun veut, tout en comprenant mien le général, caractériser son indiptéutUiU, D est très'vraisemblable que,toute cboee égale d'eiUeurs, onpréférerA aux fabrications uniformes des machines les produits varil^s sans cesse qui portent l'empreinte de la personnalité b«naine,qtti pour «lier à Vhaum^t
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de nos ouvriers. Tout ce qui ne sait rien faire, vient s'offrir aux manufactures pour servir les machines. Plus il en vient, plus le salaire baisse, plus ils sont misérables. D'autre part, la marchandise, fabriquée ainsi à vil prix, descend à la portée des pauvres, en sorte que la misère de Touvrier-machine diminue quelque peu la misère des ouvriers et paysans, qui très-probablement sont soixante-dix fois plus nombreux.
C*est ce que nous avons vu en 1842. La filature était aux abois. Elle étouffait; les magasins crevaient, nul écoulement. Le fabricant terrifié n'osait ni travailler, ni chômer avec ces dévorantes machines; l'usure ne chôme pas; il faisait des demi-journées, et il encombrait l'encombrement. Les prix baissaient, en vain ; nouvelles baisses, jusqu'à ce que le coton fiït tombé à six sols. .• Là, il y eut une chose inattendue. Ce mot six soh, fut un réveil. Des millions d'acheteurs, de pauvre» gens qui n'achetaient jamais, se mirent en mouve-
et changer» eomne il châDge, partent de rbonime Immédiatement. — LA est le véritable avenir de la France industrielle, "bien pins qae dans la fabrication méeantqne où elle reste inférieure. — An reste^ les deux systèmes se prêtent on mntnel appui. Pins les premiers beseiittS seront satisfaiu A bas prix par les machines, pins le goAt s*élèf era an-dessus des produits du machiqiame, et recherchera les prodnila d'un art tout personnel.