‹ Le peupleChapitre 39 sur 188 · SOCIABILITE ET BOIT^ QB NOS OUVRIERS · texte numérisé non relu

SOCIABILITE ET BOIT^ QB NOS OUVRIERS

paut-être ; mais, il a> tout d'abord, gag»^ douze aQ6, quinze ans) de liberté* Cela seul met pour lui uiie di^érence immense dans la balance du bonheur.

L'ouvrier de^ manufactures p<»rte toute la vie un poids très-lourd, le poids d'une enfance qui l'a affaibli de bonne heure, bien souvent eorrompu. n est inférieur au paysan pour la fopce physique, inférieur pour la régularité des mœurs. Et avec tout cela, il a une cho^ qui réclame peur lui : il est plu$ sociale et plus doux. Les plus misérablei^ d'entre eux, dans leurs plus extrêmes besoins, se s(mt sbs/imns de lout acte de violence ; ils ont at-* tendu, mourants de faim, et se sont résinés.

L'auteur de 1^ meilleure enquête de ce temps ^,

1 Villenné, Tableau de l'état physique et moral des "ouvrien des manufactures dp ootoDy etc. (1840). On les a vus, en noT. 19S9, dans un chômage qui obligeait le manufacturier A ne garder que les plus anciens ouvriers , demander i partager entre tous le travail et le salaire, pour que personne ne fût renvoyé, t. II, p. 71. Voir aussi I, 89, S66- 369, et II, 59, lis. — Beaucoup d*entre eux, A qui Ton reproche le concubinage, se marieraient, s'ils avaient l'argent et les papiers nécessaires, I, 54, et II, 385 (cf. Frégier, II, 160). — A Tassertion de ceux qui prétendent que les ouvriers des manufactures gagneraient assex, s'ils faisaient un bon usage de leurs salaires, opposons Tobserration Judicieuse de M. Villermé (II, 14). Pour qu'ils gagnent assex, il faut, selon lui, quatre choses : Qu'ils se portent toujours bien, qu'ils soient employés toujours, que chaque ménage n'ait que deux enfants au plus, enfin qu'ils n'aient aucun vice... Voili quatre conditions qui se trouveront rarement.

4g BONTâ DB NOS OUVRIERS.

ferme et froid observateur qu'on ne soupçonnera de nul entraînement, porte en faveur de cette classe d'hommes dont il ne dissimule aucunement les vices, ce grave témoignage : € Je n'ai trouvé chez nos ouvriers qu'une vertu qu'ils possédassent à un plus haut degré que les classes sociales plus heureuses : c'est une disposition naturelle à aider, à secourir les autres dans toute espèce de besoins. ».

Je ne sais s'ils n'ont que cette supériorité, mais combien elle est grande!... Qu'ils soient les moins heureux, et les plus charitables ! qu'ils se préservent de l'endurcissement si naturel à la misère ! que dans cette servitude extérieure , ils gardent un cœur libre de haine, qu'ils aiment davantage/. . Âhl c'est là une belle gloire , et qui sans doute met l'homme, qu'on croirait dégradé, bien haut, au jugement de Dieu !

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