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CHAPITRE III

Servitudes de l'ouvrier.

L'enfant qui laisse la manufacture et le service de la machine pour entrer apprenti chez un maître, monte certainement dans Téchelle industrielle; on exige davantage de ses mains et de son esprit. Sa vie ne sera pas Taccessoired'ua mouvement sans vie, il agira lui-même, il sera vraiment ouvrier.

Progrès dans Tintelligence , progrès dans la souffrance. La machine était réglée, et l'homme ne l'est pas^. Elle était impassible, sans caprice,

1 M. Léon Faacher a marqué aâmiraUement ees différeaces dans son mémoire sor le Tracaii des enfanU d Paris (Revue des Déni-Mondes, 15 nov. 1844]. Voir aussi, sur TappreDiissage dans Vindustrie parcellaire, le tome II de ses Éiudêt $mr VAngMtrrt ; l'excellent économiste qni s'est montré là trèa^rand écrivain, noos y révèle, par delà Tenfçr des manufactures, un antre enfer qu'on ne soupçonnait pas. ^

île DURETÉ DE L'APPBENTISSAGE.

sans colère, sans brutalité. Elle laissait d'ailleurs Tenfant libre, à heure fixe ; au moins la nuit reposait-il. Mais ici, l'apprenti du petit fabricant, le jour, la nuit, appartient à son maître. Son travail n'est borné que par l'exigence des commandes qui pressent plus ou moins. H a le travail, et pardessus, il a toutes les misères du domestiqué; outre les caprices du maître^ tous ceux de la famille. Ce qui chagrine, irrite le mari ou la femme, retombe bien souvent sur squ dos. Une faillite arrive, l'apprenti est battu; le maître revient ivre, l'apprenti est battu ; le trayail manque, le trayail presse. . . battu également.

C'est le régime ancien de l'industrie, oui n^était que servage. Dans le contrat d'apprentissage, Ip maître devient un père, mais c'est pour appliquer le mot de Salomon : « N'épargne la verge à ton fils. » Dès le treizième siècle, nous voyons l'autorité publique intervenir pour modérer cette paternité.

Et ce n'était pas seulement du m^tre à l'apprenti qu'il y avait dureté et violence ; dans les métiers ou la hiérarchie se compliquait, les coups tombaient de degrés en degrés, toujours multipliant. Certaines nomenclatures du compagnonnage t^rooigoeot eocfiire de cette dureté. Le eompagnon est hmp ; vexé par le singe, qui est le

DURETÉ D^ ^A^l^^TJ^GE. ^l

lçq4^ Iç seiid ^yec n^fisp ^ iopm^ gi^pauv^a f^ppreati.

Pofir être piidtraitéj b^ittu^ dif aifs (|e suite, il fallait (|)|^ l'appi^nti p^yât; et il payait à ebaqui; 4^r(é qii'oi^ j^i pepfnçttait f^ franchir daio^ çptt^ rude initiation. Enfin, quand il ^yait ifsé çfxame apprenti la corde, comme vallet, le bâton, il su- J)issait le jugement d'une corporation intéressée ^ se pas augmenter de nombre, i} pouvait être ren-* voyé, refusé, sans appel.

Les portes aujourd'hui sont ouvertes. L'appreur tissage est moins long, sinon moins dur. Les appf*entis pe sont reçus que trop facilement; le misérable petit gain qu'on ea tire (que le maître en profite, le père, ou le corps du métier) est une tratation continueUe pou4P en faire de nouveaux^ et multiplier les ouvriers, au delà du besoin.

L'ouvrier d'autrefojis, adjpis difficilepient, peu nombreux, et jouissant par là d'jme sorte de monopole, n'avait nullement les inquiétudes de celui d'aujourd'hui. Il gagnait beaucoup moins ^, mais

i Noas avons parlé pins haut (p. Vf) du salaire des ouvriers des manufactures. Si nous voulons étudier le salaire en général , nous Iroaverpna que ç^tte question tanf controversée, se réduit à ceci : Isi talairei ont augmenié, disent les uns. Et ils ont raison, parce qu'ils partent de 1789, ou des temps antérieurs. — Les sn/atreff n'&nt poi

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