EXISTENCE INQUIÈTE
rarement il manquait d'ouvrage. Gai compagnon et leste, il voyageait beaucoup. Où il trouvait à travailler, il restait. Son bourgeois le logeait le plus souvent, le nourrissait parfois ; sobre nourriture et légère; le soir, quand il avait mangé son pain sec, il montait au grenier, à la soupente^ et s'endormait content.
augmenté, disent les aatres. Et ils oat raisqn, paVce qa*ils partent de 1824 ; depuis ce temps, les onvriers de mannractures gagnent moins, et les autres n^ont <in*une augmentation illusoire ; le prli 4e raigeni ayant changé, celui qui gagne ce qu'il gagnait alors, re^it dans ia réalité un tiers de mojns ; celui qui gagnait et qui gagne encore trois francs, ne reçoit guère qu'une valeur de deux francs ; ajoutei que les besoins étant devenus plus nombreux avec les idées. Il soulfre de n*avoir pas mille choses qui alors lui étaient indifférentes. — Les salaires sont tréç-élevés en France,' en comparaison de la Suisse et de TAUemagne ; mais ici, les besoins sent bien plus vivement sentis. — La moyenne des tmUUm de Partie que MM. L. Faucher et L. Blane fixent également à trois franco cinquante centimes, est suffisante pour le célibataire, trés-insuffisante ponr l'homme marié qui a des enfants.^ Je donne ici la moyenne générale des salaires que plusieurs auteurs ont essayé de fixer pour ia France, depuis Louis XIV ; mais je ne sais s'il est possible d'établir une moyenne pour des éléments si variés :
1698 (Vauban)... 13 sons.
47»8 (Saint-Pierre.) 16 1788 (A. Yonng)... 19 1S19 (Ghaptal)... 25 1S3S (Morogne)... 30 1840 (Yillermé)... 40
Ceci pour l'indostrie des rilles* Les salaires ont très-peu angmeaté pCQl !ç campaçfje.
DE L'OUVMEft MODERNE ; S5
Que dechangèmentë snrvenus dans sa condition^ en bien, en mal ! amélioration matérielle, condition mobile, inquiète, la sombre obscurité du sort! Mille éléments nouveaux de souffi*ances morales.
Ces changements, résufhons-les d'un mot : Il est devenu homme.
Êtrehomtne, au vrai siens, c'est d*abord, c'est surtout, avoir une femme. L'ouvrier, rarement marié autrefois, l'est souvent aujourd'hui. Marie ou non, il retrouve généralement, en rentrant, une femme chez lui. Un chez soi, un foyer, une femme... Oh! la vie s'est transfigurée.
Une femme, une famille, des enfants tout à l'heure ! La dépense, la misère ! Si l'ouvrage man- • quait?...
Il est fort touchant de voir le soir tout ce monde laborieux qui retourne à grands pas. L-homme, après cette longue journée passée souvent à une lieue de chez lui, après avoir tristement déjeuné, dîné seul, cet homme qui est resté quinze heures debout, quelles jambes il a le soir ! ... Il vole au nid... Être homme une heure par jour, ail fedt, ce n'est pas trop.
Chose sainte ! lui, il apporté le pain à la maison, et une fois arrivé, il se repose, il n'est plus rien, il se remet, comme un enfant, â la femme.
^ SON utak^ ,
Nouirie p9r lui» el|e 1# aourrit et te réchauffe ; tous deux servent l'enfaut, qui ne fait rien, qui est Ii)>re, qui est maître*.. Que le dernier soit maitrei voilà bien la cité de Dieu.
Le Tic\k9 p'a jainais cette grande jouisi^ance, cette suprême bénédiction de l'homme, de nourrir chaque JQiir la famille, du meilleur de sa vie, 4e son travail. Le pauvre seul est père ; cliaque jour il crée encore, et refait les siens.*
Ce befm mystère est senti de la fen^e nûenj, que des sages du monde. Elle est heureuse de tout devoh* à l'homme. Gela seul do^nq au ménage pauvre qn charme singulier. Là, nulle chose étraqgère, iQ^ifférente; tout porte l'empreinte d'une main aifhée, tout aie sceau du cœur.L'homme ignore le pluq souvent les privations qu'on s'jpipose p04r qu'en rentrant il retrouve cet intérieur modeste, orné pourtant. Grande est l'ambition de la femme pour le ménage, le vêtement^ le linge. Ge dernier article est nouveau; Varrfioire au ling0 qui fait l'orguMl de la femme de campagne était iqconnue à celle de l'ouvrier des villes, avant la révolution industrielle dont j'ai parlé. Propreté, pureté, pudeur, ces grâces de la femmç, enchantèrent la maison; le lit s'enveloppa de rideaux, le berceau de l'enfant, éblouissant de blapcbeur, de^
SA F^VB* HfS
vint MQ pi^radi^T Le tput tsdllé^ cpii$u en quelques veilles... kJQxU^^^y pQCorp ipie fleuB sur \^ oroi- ^^... Quçll^ surprise! rhomote» au fetour, nereponi^ai{; plu$ ^a maison.
Ce ^Q\4 d^ llear^ qui s'est répffndi} (il y ep ^ ipainteqiiQt ici plusieurs q^archés), ceg petites d^ peqçpsi pour prner rifttprif pr, ne soçt-eUes pas regrettal:)}es, qu^nd pn ne s^it jamais si Ton ad|» travail demaip? -r Ne dites pas dépense^, ditp^ économie. C'en est (ing bien grai^cjii^» si Tinooeepte séduction de la fempe rpnd pçttç maison cbîff-T piante à rhoîpwe, (Çt p|e^t l'y r^t^nûr. Parons, jç vpps prie, Ifi fpaison^ et la femu^e elle-même- Q^h ques aunes d'indiepne refapt upe mtçj^ femme, I9 voil^ redevenue jeune pt renouvelée.
< ^pstp ici, je t'en prie, • C'est le 1^ medi aoi^; ellp lui Je|te le br^s^ 9^ cq1| et pUp re^ tient lepaip ^e ses en&nts qu'il allait déppnser^^
Le diip^che viept^ et ji^ femmp a vaincu^ L'homme rasé, changé, se laisse m^tre un bon e); chaud vêtpinent. Cela est bientôt fait. Ce qui est long, ce qui est une œuvre sérieuse, c'est l'enfant, tel qu'on vaut le paier ee jour*4à. Oq part, il
i L^HNil l« piopiiéltirel 4ewf. pisoféed de U fmn«« qui ne l^ pour 8MTM» «MMer ^«igwi é*iu ter»e I «li l« moi» j«Bi«kit