‹ Le peupleChapitre 42 sur 188 · AMBITION DE LA MÈRE · texte numérisé non relu

AMBITION DE LA MÈRE

marche devant, sous Tœil maternel; qu'il prenne garde surtout de gâter ce chef-d'œuvre.

Regardez bien ces gens, et sachez bien qu'à quelque hauteur que vous montiez, vous ne trouverez rien qui soit moralement supérieur. Cette femme, c*estla vertu, avec un charme particulier de naïve raison et d'adresse pour gouverner la force., à son insu. Cet homme, c'est le fort, le patient, le courageux, qui porte pouir la société le plus grand poids de la vie humaine. Véritable compagnon du devoir (beau titre du compagnonnage!), il s'y est tenu fort et ferme, comme un soldat au poste. Plus soh métier est dangereux, plus sa moralité est sûre. Un célèbre architecte sorti du peuple, et qui le connaissait bien, disait un jour à un de mes amis : € Les hommes les plus honnêtes que j'aie connus étaient dé cette classe. Ils savent, en partant le matin, qu'ils peuvent ne pas revenir le soir, et Hs sont toujours prêts à paraître devant Dieu * . »

Un tel métier, quelque noble qu'il soit, n'est

1 C*eBt ce qnlB If. Percier disait on Jo«r an direeienr de TÉcole gratuite de dessin, M. Belloe. Le spiritael artiste saisit ce mot, et le plaça dans tm de ses eieelteiits diseoors (pleins de vues neayes et d*aperçasféeonds), «t Ml Peroier, feeoniiiissant de cetheimnaBe renda A ses oottvietioiis les plus ehéres, feiida «ne rente po«r l*Éeole, un mois iraat sa nwrt. -

LE FILS I^VKNT ^TISTE? LETTBÉT 87

pas oqpeodant cehii qu'une mère souhaite à son fils. Le sien promet beaucoup, il ira loin. Les Frères en font Téloge, et je caressent fort. Sefl dessins» compliments et pièces d'écriture» ornent déjà la chambre, entre Napoléon et le Sacré- Cœur • n sera, c^tainement envoyé à l'école gratuite de dessin. Le père deoiande pourquoi? Le dessin, dit la mère, lui servira toujours daçsson métier. Ré-« ponse doubla,. ilfautrMOuer, sous laquelle elle caehe une bien aujtrç ambijtîoa. Cet en&nt, si bien m et <^é, pouifqu^l :¥# ^ers^tnl.paa peintre ou sculptoiir, toiit qoipiQe u» autre? EUe se vole des sous pour les croyons; povr ce papier si cher. . . Son fils> tout à l'heure, va exposer, ^nporter toua les prix ; dai^ les songes siat^nels, roide déjà la grand nom de Rome.

. L'ambition maternelle réuswit trop souvent ainsi à faire un pauvre ^artiste, très^néces^iteux» de celui qui, comme ouvrier, eût mieux gagné sa vie. hefk arts ne peuvwt guère produire, même ea temps de paix, lorsque tous les gws aisés, spécijalement loB. Çgaoïunes, au lieu d'acheter des pro- 4uits d'art, /soiit artistes eiix-^némesw Qu'une guerre vienne, wer^vdiiticm, l'art, c'est juste-^ ment la famiine.

Souvent aussi l'artiste; en espérance, dé^ em

^ SOUlitlUNGÉS DE L'OtiVRIBil ElSTTRÉ.

f ôuté> t>léiii d'ardeur et de souffle; est arrêté touf court i sonpëre tneurt, il fautqu^il aide aux siens ; le Toilà ouvrier. GrUiidè douleur ^our la mère, gl-andê hVAèûtskûoïki qui ôtent le oourage au jeune hoiiitne.

Toute sa vie, il màtidira lé sert^ il travaillera ici, et il aura Tàtaie hilleurs; Cruel tiraillement... Et èet)eiidatit rien îie Varrêtéra. Ne venez point ici avec vod céltseilâ^ Vdus seriez mal reçu. Il est trop tisrè/il faiit qu'il affie à ti^tei^ les obètâdes^ Vous I9 ywez tmfmts HuiM^ rôvani; lisant mt courtes heures de repas, et le soir, la tt«ii ëd cérë; absorbé dans m \ii^^ h dimianehé, ettfeAtlé et Sdii^re. Otl se flgu^ à peme ce que b'èst qtië Ifi faim de leiiltare^ dans cet état d'espriti Pehdant lé travail, et le plus inconciliable de touâ avec Tétudèf parmi le roulement, le tt*emblemebt de vingt niétiers, un malfaeoi*eu!!L flleur que J'ai cdhnu, met^ tait un livre au coin de sou métier^ et lisait Une Kgne chaque jfols que le chariot reeulâit et faii lais-^ saituné seconde.

-Que la fournée est lôUgue, quand elle passe ainsi t c^'irri(àu(^ Mtkt les demiëreÉrheùfési ! Pànt celui qui atteM la etoéhe et maudit 6es retardé, l'odieux atelier, au jour tombant, samblè tout fkfl-^ tasticpié; les démons de limpatience se jouent

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