‹ Le peupleChapitre 49 sur 188 · ILS. NE CONNAISSENT PAS BIEN L'OUVRIER · texte numérisé non relu

ILS. NE CONNAISSENT PAS BIEN L'OUVRIER

ordinairement à part, ne voit les ouvriers que de loin . Elle s'exagère volontiersleurs vices, les jugeant presque toujours sur ce moment dont j'ai parlé, où la liberté, longtemps contenue, s'échappe enfin avec bruit et désordre, je veux dire, sur le moment de la sortie. Souvent aussi, le manufacturier et les siens haïssent l'ouvrier- parce qu'ils s'en croient haïs; et je dirai, contre l'opinion conunune, qu'en cela, il n'est pas rare qu'ils se trompent. Dans les grandes manufactures, l'ouvrier hait le contremaître dont il subit la tyrannie immédiate; celle du maître, plus éloignée, lui est moins odieuse; à moins qu'on ne lui ait appris à la haïr, il l'envisage comme celle de la fatalité et il ne s'en irrite pas.

Le problème industriel se complique fort pour la France de sa situation extérieure. Bloquée en quelque sorte par la malveillance unanime de rEurope.!., elle a perdu, aussi bien que ses an-

délicat, pénétrant, de toutes les pensées, Je ne did pas haineuses, mais soucieuses, envieuses peut-être, qui fermentaient lÂ-dedans. Sur sa route, elle Jetait des paroles Justes et fines, parfois presque tendres, par exemple à une Jeune fille souffrante ; maladive elle-même, la Jeune dame avait bonne grâce à cela. Plusieurs étaient touchés ; un vieil ouvrier, qui la crut fatiguée, lui présenta un siège avee une vivacité charmante. Les Jeunes étaient plus sombres ; elle, qui voyait tout, disait un mot, et chassait le nuage.

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