‹ Le peupleChapitre 55 sur 188 · IL EST CONDAMNÉ AU MENSONGE · texte numérisé non relu

IL EST CONDAMNÉ AU MENSONGE

il Jeur fallait ou perdre leur état , ou devenir complices des tromperies les plus audacieuses. Ce n'est plus asseiz d'altérer les qualités , il leur faut quelquefois devenir faussaires, prendre les marques des fabriques en renom.

La répugnance que montrait pour l'industrie les nobles républiques de l'antiquité , les fiers barons du moyen âge, est peu raisonnable sans doute, si par industrie l'on entend les fabrications compliquées qui ont besoin de la science et de l'art, ou.bién h grand négoce qui suppose tant de éonnaissances , d'informations, de combinaisons. Mais cette répugnance est vraiment raisonnable, quand elle s'applique aux habitudes ordinaires du conHnerce,,àla nécessité misérable où le marchand se trouve de mentir, de frauder et de falsifier.

Je n'hésite point à affirmer que pour l'homme d'honneur la situation du travailleur le plus dépendant, est libre en comparaison de celle-ci. Serf du corps, ilest libre d'âme. Asservir son âme au contraire et sa parole, être obligé du matin au soir de masquer sa pensée, c'est le dernier servage.

Représentez-vous bien cet homme qui a été militaire,,flui a conservé dans tout le reste le sentiment de l'honneur, et qui se résigne à cela. . . Il doit souffrir beaucoup.

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