L'ANCIENNE BOURGËÎDISIK; LA NOUVELLE, DEJA VIEILLE
moins encore une classe qu'un passage, un degré. Puis, ayant fait son œuvre, une noblesse nouvelle et une royauté nouvelle, elle perdit sa mobilité, se stéréotypa, et resta une classe, trop souvent ri- ' dicule. Le bourgeois du dix- septième et dix-huitième sièele est un être bâtard, que la nature semble avoir arrêté dans son développement imparfait, être mixte, peu gracieux à voir, qui n'est ni d'en haut iii d'en bas, ne sait ni marcher ni voler, qui se plait à lui-même et se prélasse dans ses prétentions.
Notre bourgeoisie actuelle, née en si peu de temps de la Révolution, n'a pas rencontré, en montant, de nobles sur sa tête. Elle a voulu d'autant plus être une classe tout d'abord. Elle s'est fixée en naissant, et, si bien, qu'elle a cru naïvement pouvoir tirer de son sein une aristocratie ; autant vaut dire, improviser une antiquité. Cette création s'est trouvée, comme on pouvait prévoir, non antique, mais vieille et caduque^.
Quoique les bourgeois ne demandent pas mieux que d'être une classe à part, il n'est pas facile de préciser leslimitesde cette classe, où elle commence, où elle finit. Elle ne renferme pas exclusivement
* L'ancienne France eut trois classes. La nouvelle n'en ^a |)liu» q«e éen, l< peaple ti la bpgrgpoiae. %#^ A. '^ ^