SECTION SECONDE
Les Syriens et Assyriens * .
Notre principale source est le petit écrit de la déesse Syrienne, Ce traité, qui cède à peine en importance à celui de Plutarque sur Isi$y passe, malgré son dialecte ionique, pour être de Lucien, de cet esprit incrédule et léger qui accablait de ses plaisanteries toutes les croyances, vraies et fausses, de son siècle. Mais au moins n'altérait-il pas les faits ; dans les pages qui vont nous occuper, prenant le style du bon Hérodote, il nous décrit, en voyageur fidèle, le temple d'Hiérapolis, avec ses cérémonies et ses fêtes auxquelles il a pris part lui-même. Or, Tennemi déclaré de la vérité révélée se trouve à son insu lui rendre le plus éclatant témoignage. Non-seulement son écrit confirme, dans ses principaux détails, le récit que Moïse fait du déluge, mais on y trouve une explication si simple et, pour ainsi dire, si biblique des origines de ridolâtrie postdiluvienne que nous ne saurions en souhaiter une meilleure. Ainsi se joue la Sagesse divine des projets des mortels ; elle se plaît à faire travailler ses aveugles adversaires à son propre triomphe, et dans les temps modernes on a vu pareillement Volney, par son Voyage en Syrie^ constater, malgré lui-même,
1 Lucien, De deâ Syrià. — Selden, De dits Syrit, — Lajard, Recherches sur le culte, les symboles^ les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et tn Occident,