‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 35 sur 108 · DE PLATON · texte numérisé non relu

DE PLATON

rAtlaniide de Platon contient, à notre avis, d'éléments de vérité :

1° Le souvenir de la destruction de la terre par le déluge, ainsi que de nombreuses catastrophes locales. L'antiquité savait que l'humanité avait traversé plusieurs crises telluriques, et Platon aurait accueilli avec joie les découvertes de la géologie , qui permettent de vérifier par les annales du monde physique plusieurs des plus anciennes traditions.

2° Les peuples de l'Atlantide avaient été primitivement, « à cause de leur nature divine et de leur parenté avec Dieu, obéissants aux lois, pleins de bienveillance les uns envers les autres et n'estimant que la vertu. Mais la prospérité les corrompit , et ce fut à cause de leurs crimes que Jupiter détruisit en un jour et une nuit leur île, qui disparut submergée avec tous ses habitants. » Preuve nouvelle qu'à Sais comme à Athènes l'opinion favorite de nos philosophes modernes qui font de la sauvagerie l'état primitif de l'homme, n'était point celle des prêtres et des sages.

3® « Le bois sacré de Neptune avec ses arbres de toute espèce qui étaient d'une beauté et d'une hauteur prodigieuses ) semble être un jardin d'Héden. Platon s'abandonne sans doute à son imagination quand il décrit les ^travaux des Atlantes, leurs flottes, leurs canaux, leurs bassins, leurs digues et leurs ponts, leurs immenses murailles, leurs palais et leurs temples ; leurs connaissances métallurgiques, leurs statues d'or et leurs richesses inouïes; leur cavalerie, leurs chariots de guerre et leurs casernes ; leurs lois et leurs tribunaux. Ce tableau, toutefois, a un deniier fond de vérité historique. Le sage d'Athènes fait entrer dans tous ses mythes des traits empruntés aux traditions antiques, et ici il n'aurait certainement pas attribué la civilisation la plus

avancée à un monde antérieur au monde actuel, s'il n'avait pas su que sa fable cadrait avec les souvenirs qui s'étaient conservés partout , nous l'avons vu » des inventions et de la prospérité des Caïnltes au temps des Lémécides.

4» Enfin , le nom même d'Atlas, fils aine de Neptune et roi suprême, fait de l'Atlantide une terre antédiluvienne, puisque Atlas est frère du caïnite Prométhée , et qu'il était probablement dans l'orig^ine le même personnage que l'astronome Hénoc.

Atlas a neuf frères. Ces dix rois simultanés de l'Ile antédiluvienne rappellent par leur nombre les dix patriarches séthites.

Les dix frères ont pour père Neptune, le dieu suprême d'une terre qu'enveloppe l'Océan et qui doit périr dans les eaux.

Leur mère Clito était fille d'Evénor et de Leucippe. On a cru retrouver dans Evénor Vépotix d'Eve- Mais Leucippe , la blanche cavale^ porte un nom qui conviendrait bien plus à une nymphe des eaux qu'à l'aïeule du genre humain. Les noms des frères d'Atlas ont des significations banales : Eumèle , nche en troupeaux; Elasippe, bon cavalier ; Autochthone; Diaprépès, excellent^ etc.

11 est assez étrange que les Arabes supposent notre terre entourée d'une immense chaîne de montagnes (P. 11, 2^47), et que l'Atlantide fut, au moins de trois côtés, extrêmement élevée et escarpée à son pourtour au-dessus de la mer, tandis que le centre était une plaine basse.

On pourrait aussi être tenté de reconnaître un élément traditionnel dans les murs d'or, d'orichalque brillant comme le feu, d'airain fondu et de pierres blanches, noires et rouges, qui formaient les enceintes concentriques du temple de Neptune et de la capitale des Atlantes. Platon avait sans doute en vue la description

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