‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 40 sur 108 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

La littérature des Chinois , à laquelle nous allons demander les traditions qu'ils ont conservées du monde primitif, est le résultat de deux religions antiques et indigènes, celle des Lettrés et celle des Docteurs de la Raison, et d'une religion étrangère, le bouddhisme, introduite de l'Inde sur les rives du Hoang-ho par un empereur qui vivait dans le premier siècle de l'ère chrétienne.

Le bouddhisme ne nous concerne pas, et nous devons écarter au contraire avec &oin tous les éléments étrangers qu'il a pu mêler aux souvenirs nationaux.

* Nos sources sont : Le Chou-king , traduit par le P. Gaubil et revu par G. Pauthier ; la traduction latine du Chi-king , par le P. Lacharme, et celle de l' T-king^ parle P. Régis, publiées par M. J. Mohl, la première en 1830 , à Stuttgart , la seconde en 1834, et les Quatre Livres moraux de Confueius et de ses disciples y traduits par M. G. Pauthier.

Les écrits des savants d'Europe que nous avons plus spécialement consultés, sont : Duhalde ; les Mémoires concernant les Chinois ; la Chine , de M. G. Pauthier ; puis l'ouvrage allemand de M. Gottfried- Otto Piper, Les origines du monde et de la vie, d'après Vécriture hiéroglyphique des Chinois, Berlin, 1848 (Nous n'avons pas suivi ses interprétations métaphysiques et cosmogoniques, qui nous ont paru peu conformes an génie pratique et traditionnel des Chinois); — les extraits que M. l'abbé Sionnet a faits d'un ouvrage inédit du

La religion principale, celle que professaient au tem[^s d'Yu les aïeux des Chinois, et qui seule de nos jours encore est reconnue officiellement par l'Etat, est un monothéisme d'une remarquable pureté, auquel se subordonne le culte des mânes ou des Ancêtres (P. IF, 6M). Les livres sacrés ou les King, ont été rédigés au sixième siècle avant Jésus-Christ par Confucius d'après d'anciens documents. Ils ont été brûlés et détruits, en 213 avant la même ère, par un tyran Chi-hoang-ti, qui avait tenté de faire disparaître le culte de l'antiquité. Mais soixantedix ans plus tard on les rétablit au moyen de manuscrits n demi rongés par les vers, et avec le secours d'un vieillard (|ni en savait par cœur une portion considérable. Cependant le Livre de la ^misique fut perdu : il contenait vraisemblablement les hymnes religieux et liturgiques, les Rig chinois, dont il ne nous reste malheureusement aucun fragment. Des quatre autres King, l'un, celui des cérémonies, ou le Li-ki , n'a pas été traduit dans nos langues d'Europe. Le Chou-hing , qui est une histoire mêlée de discours moraux, descend des temps d'Yao à ceux de Confucius. Le Chi-king est un recueil de poé-

P. Prémare, dans ses Veitiges des dogmes chrétiens retrouvée datu les anciens livres chinois (Paris, 1839, et déjà dans les AnncUes de philosophie chrétienne, 1837); — surtout de M. le chevalier de Paravey, Essai sur l'origine unique et hiéroglyphique des chiffres et lies lettres de tous les peuples y Paris, 1826; les Documents hiéroglyphiques sur le déluge de Noë, 1838; les dissertations sur les Ting-ling, 1839, sur les Amazones de la Chine, 1840, sur h Ta-tsin, 1836, «tir le patriarche AheU 1851, sur Ninive et Babylotie, 1835-1836 (dans les ^ànna^ de la philosophie chrétienne); — enfin, l'écrit allemand de M. Hermann- Joseph Schmitt, caré bavarois : La Révélation primitive^ ou les grandes doctrines du christianisme signalées dans les traditions et les documents des plus anciens peuples , surtout dans les livres canoniques des Chinois,

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