‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 74 sur 108 · ZA. 1,425; 11,183. BD · texte numérisé non relu

ZA. 1,425; 11,183. BD

CRÉATION DK L'H61l!iB. 333

« sortir de moi) : j'ordonne, qu'on les préserve du mal. » Le Taureau renferme bien aussi en lui la race humaine, et il sent confusément que c'est d'elle que dépendra le sort des animaux, mais sa sollicitude ne s'étend que sur ceux-ci. Cependant « son corps est reçu au Gorotman, dans le séjour des esprits célestes. Son essence vitale est confiée à la Lune (qui remplit bien ici les fonctions d'une Grande-Mère veillant sur tous les germes des êtres, et qui était sans doute une déesse puissante dans la religion antémazdéienne). Du bras droit du Taureau^sort Kajomorts (l'homme androgyne) ; de son bras gauche, son âme, Goschéroun, qui est le roi des animaux, tout particulièrement des troupeaux. Â la vue de la faiblesse, de l'infirmité du premier homme, Goschéroun, planant devant Ormuzd, lui dit : c Qui me défendra contre les « Dews? Qui défendra mes troupeaux? C'est aux homc mes à le faire ; mais ils n'ont pas d'intelligence, ils ne « sont pas stables dans la vérité ; aussi les troupeaux ne c seront*ils pas sans maux. » Ou, suivant un autre passage, ( Goschéroun, étant sorti du Taureau , se tint devant son corps et jeta un cri aussi fort que pourraient faire dix mille hommes. Il s'approcha d'Ormuzd et lui dit : « Quel chef avez-vous établi sur le monde? Ahriman va briser la terre et blesser les arbres, les faire sécher avec une eau brûlante (aux temps de Gen=Caïn). Ce Kajomorts est-il donc l'homme dont vous avez dit : Je le donnerai pour qu'il apprenne à se garantir du mal? » Ormuzd lui répondit : « Le Taureau est tombé malade, ô Goschéroun, de la maladie que cet Âhriman a portée sur lui. Mais cet homme (Ksgomorts) est réservé pour une terre (future), pour un temps (avenir), où Ahriman ne pourra plus exercer sa violence (après la résurrection). » Goschéroun partit, il s'approcha du ciel des étoiles, et de celui de la lune, et de celui du so-?

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leil. (Là) Onnuzd lui montra le férouer, l'idée vî^-ante de Zoroastre, en disant : c Je le donnerai au monde et il lui < apprendra à se préserver du mal. » Goschéroun fut alors dans la joie. Il consentît à prendre soin des créatures*. »

Ce mythe renferme de grandes et profondes pensées. De même qu'Adam avait reçu Tordre de garder le jardin contre les ennemis invisibles qui s'apprêtaient à l'envahir; de méme^ d'après Zoroastre < l'Intelligence qui sait tout; Ormuzd, a donné aux férouers des hommes d'être dans des corps, afin qu'ils combattent, qu'ils fassent disparaître les Dews. > Mais les hommes des premiers temps (nous dirions: les hommes psychiques) ne rempliront pas leur mission. Au commencement du monde céleste, Ahriman avait (déjà) dit à Ormuzd : c 0 yous « qui êtes l'excellence, je suis le crime. L'homme ne c sera pas pur dans ses pensées, dans ses paroles ; il t n'y aura ni intelligence ni exécution (de vos comc mandements), ni parole ni action, ni loi ni âme. i Ormuzd ne contredit point Ahriman, mais il lui montre après les temps de souillure un homme, Zoroastre, c vraiment pur dans ses pensées, dans ses paroles, et qui exécutera ses ordres ; sans lui le monde serait à sa fin. i Il y a là l'attente de Jésus-Christ, second Adam, Esprit vivifiant, qui sera le fondateur du royaume des cieux, le père d'une humanité spirituelle et sainte, le destructeur des œuvres de Satan. Toutefois Zoroastre sait qu'il ne triomphera que très-imparfaitement des Dews : il annonce pour la fin des temps l'apparition du vrai Vainqueur du Serpent, du Fils de la Vierge, Sosiosch.

* ZA, I, 160 sq. (Gahan Jetsch). BD. 354. 3.^6. — Comparez dans NoiiDus (Dionys. VII, 1 sq.) la scène &JEon ou le Siècle, se refusant à prendre soin de l'humanité postdilavienne à cause des maux dont elle est accablée.

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