‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 106 sur 120 · W. IV · texte numérisé non relu

W. IV

symbole de la présence de la Divinité parmi les hommes, et avec le feu, TAurore , qui assiste en souriant au premier sacrifice de la journée : il a formulé nettement la foi que la révélation avait fait naître dans son cœur, il a donné aux Intelligences invisibles leur nom de Déwas, et Ton peut en quelque sorte dire que t les Déwas lui doivent le jour*. »

Fondateur de la religion , et par elle, du bonheur de ses descendants, Manou est devenu leur génie protecteur, f leur conseiller, leur ami , leur opulent bienfaiteur, le chef de leurs bourgades. Personne ne peut renverser sa puissance. Il est élevé comme le ciel •. »

Cependant la parole était pour les Ariens à la fois pleine d'une divine vérité et d'une puissance divine. Les pensées que prononça l'être pensant y Manou, sont aussi bien celles des dieux que les siennes propres, et de telles paroles doivent être douées d'une force immense. Les hymnes védiques exaltent en termes magnifiques la gloire de Vatch, la sainte Parole (P. I, 197i, et celle de Saraswati, la Prière, qui sont devenues, l'une et l'autre, la fille, l'épouse du Dieu suprême*. La fille : car Brahma est l'Être éternel qui a le premier parlé, qui a engendré la Parole. L'épouse : car la Parole de Dieu, une fois créée, accompagne sans cesse son Père. Mais sur la terre , dans le monde visible , c'est Manou qui avait , seul de tous les êtres animés et avant les hommes issus de lui , donné une forme sonore à ses pensées. On pouvait donc bien dire de lui aussi qui) avait pour fille la Parole. Comme Dieu était la grande pensée du premier homme, sa fille devait être une pa-

« RV. IV, 103. 277.

• Id. IV, 276. 367.

' Voyez les excellentes pages de M. Nève, tor Vateh et Saraswati, p. 87 sq.

role religieuse ; mais une parole de louange et non de propitiation, parce que le sentiment qui dominait en lui était l'action de grâce et non Teffroi qu'inspire le péché. Ihy fille de Mauou, est ïhymne qui loue, qui glorifie, et qu'on chante devant le foyer de terre sur lequel est déposé le feu de Tautel.

Ce mythe fort simple s'est peu à peu développé dans l'imagination des Hindous. « A la naissance du fils du (premier) père, les Déwas choisirent lia pour commander aux enfants de Manou, > ou, dans notre langage moderne , ils firent du culte sacré et de la foi le grand mobUedel'humanité.Bientôtaprèsc ils donnèrent comme chef ou conducteur, à Nahoucha (le petit-fils d'Ila), Agni, qui, pour le bien de l'humanité, avait pris une forme humaine ^» Cette forme humaine d'Agni, c'est le feu sacré que l'homme produit lui-même par des moyens artificiels , et qui se perpétue sur l'autel au milieu des peuples. « Deviens Manou, dit un poëte à Agni, et enfante la race divine ^. > Il y a là un confus pressentiment du mystère de l'incarnation (P. II, 81).

Mais le mythe, grandissant avec les siècles, aboutit à de monstrueuses fictions.

Manou est c père d'Ila , » ou le culte vient d'être institué , mais le feu n'existe pas encore, et ce ne sont plus les Déwas qui l'allument. Manou , qui en pressent l'existence , « veut produire celui qui fait l'éclat du sacrifice. » A un dieu nouveau il faut une mère et un père , et il n'existe encore sur la terre qu'Ila et Manou. « Il dit : c Qu'Agni devienne , par ma fille , mon petit- • fils? » Et aussitôt, dans le sein de cette fille, par la vertu d'un père aussi puissant, la libation est devenue

« RV. 1, 54. 55.

•j id. IV, ma.

féconde*. > Dans la période suivante de Thistoire de rinde, Brahma a pris la place de Manou ; Saraswati ou | Vatch , celle d'ila , et le dieu a pour femme sa propre fille.

Dans d*autres hymnes, Timagination des chantres védiques so plait à représenter Agni ou le feu reposant sur le sein de sa mère, ou dans le foyer.

Bouddha, lia, simple abstraction personnifiée, est devenue un personnage historique. Son nom figure dans la liste des rois lunaires, avec celui de son époux Bouddha. Je ne puis m*expliquer comment ce Bouddha^ Mercure a pu être assez célèbre aux temps des épopées pour que la Lune, sa mère, ait donné son nom à la plus antique des dynasties royales, et comment ce même dieu n'est point mentionné dans le Rig-Véda. Aurait-on effacé son nom des hymnes sacrés après la fondation du bouddhisme et ses longues et sanglantes luttes contre le brahmanisme? Mais ce qui est plus étrange encore, c*est que dans la mythologie brahmanique Bouddha est fils de Maïa et de Brahma, comme Hermès Test de Maïa et de Zeus. Comment les Ariens de Tlnde donnent-ils à la mère du dieu de la sagesse étemelle le même nom que les Hellènes, quand les Ariens de l'Iran ne connaissent ni Maïa ni Bouddha? Est-ce un emprunt fait par les Indiens du Gange aux Grecs macédoniens de la Bactriane? Est-ce un débris de la tradition primitive, et un monument du grand travail mythogonique qui a précédé la Dispersion?

Maïa est la déesse des eaux primordiales , et ces mêmes eaux sont sous la protection de la Lune. D est donc indifférent de dire que Bouddha est fils de la Lune ou fils de Maïa (P. II, 605; I, 460),

♦ KV. Il, 3a,

Ajous et Pourouravas. Ha a de Bouddha soit Ajous S soit Pourouravas, d'après les commentateurs des Védas.

Ajous, dans la liste des rois lunaires, est fils de Pourouravas et père de Nahoucha*. Le Rig-Véda parle fort peu de lui. « Le vertueux Ajous, dont Agni fut l'hôte gracieux, fit de lui l'objet de ses antiques chants'. > Son nom s'emploie d'ailleurs comme celui de Manou pour désigner l'homme, l'homme mortel (par opposition aux hommes divins).

Ce nom est le même que aiôn en grec, ^evum en latin. Il signifie temps et vie humaine *. Nous savons que chez les Phéniciens le premier homme était iEon. 11 me paraît qu'Ajous est une épithète de Manou, qu'on a personnifiée sans trop savoir où placer ce héros fictif.

Le vrai fils d'ilaest tle généreux Pourouravas (l'homme illustre au /oiw), pour qui Agni a été généreux *. » C'est lui donc qui serait < le fils du premier père, dont la naissance fut marquée par le choix que les Déwas firent d'ila pour commander aux enfants de Manou. »

Pourouravas est V illustre Seth. Mais dans le Rig-Véda il a perdu tous les titres sur lesquels repose sa gloire. Il n'est point l'inventeur des lettres et de l'astronomie ; son père, Bouddha, ne lui a rien transmis de sa sagesse ; les Aswins n'ont point enseigné au fils d'Ila les sciences

« RV. I, 104. 185. 302. 331. 445. lî, 424. — Quand un héros védique nVst mentionné que dans un fort petit nombre d'hymnes, je renverrai pour les citations à la Table des matières qui termine le quatrième volume du Rig-Véda.

s Comparez Lassen, p. 732, note.

s Cet éloge d'Âjous s'explique de soi-même : Âjous a rendu aux dieux le même culte que Manou. Les mots qui suivent immédiatement sont fort obscurs : « Et il a, de concert avec Coutsa et Âtithigwa, reconnu pour son suzerain Tourvayana. ••

* Sama-Véda, 21.

B RY, I, 53, où Pourouravas est associé à Manon.

422 ARIENS DE L*INDE.i

sacrées. Bergers, laboureurs et guerriers, les Ariens de rindus, dans leurs bourgades, n'étudient ni n'écrivent. } Leur unique préoccupation, c'est le culte des dieux, et d'après les poètes postérieurs aux Védas, la seule gloire de Pourouravas est celle du Seth de la Genèse, sa grande piété. C'est lui qui a organisé le culte primitif, établi les trois feux du sacrifice et inventé Varani^. Si l'on en croit le Bhagavad-Gita*, il n'y avait avant lui qu'un seul Véda, qu'une seule caste et qu'un seul Dieuy Narayana » (P. 1, 238).

Dans la dernière division (mandala) du Rig-Véda, Poarouravas a pour épouse Ourvasi, qui est une apsara, une nymphe céleste. C'est une personnification de la Libation. La liqueur que le sacrificateur verse de la coupe dans le feu sacré était, aux yeux des Ariens, « une eau divine qui, en tombant, brille comme l'éclair, et qui prolonge la vie » de l'homme pieux '. L'époux d'Ourvasi est le saint par excellence : t c'est par lui ( selon l'hymne védique) que les dieux ont grandi pour le redoutable combat (contre Vritra, au temps de la grande sécheresse) ; il est né pour la défense de la Vache (la Terre), qui doit à la prière sa prospérité. Ourvasi a été l'unique objet de son amour. Mais cette nymphe céleste va le quitter après avoir habité parmi les mortels durant quatre nuits d'automne. Pourouravas cherche à l'arrêter par ses prières, il mourra si elle l'abandonne. Elle l'aime, elle n'a pas un cœur de chacal ; mais la douleur qu'elle lui cause doit lui donner le bonheur ; elle lui enverra l'enfant qu'elle porte dans son sein, et elle le quitte en lui adressant ces paroles remarquables : t Tel que tu es, < tu te trouves soumis à la mort. Que ton enfant honore

t Voyez plus haut, Meschia, page 348, et Thémourets, page 355.

* Lassen, p. XVII.

^ Lassen, p. 732, note.

( par l'holocauste la race divine. Et toi, viens au ciel te c livrer aux plaisirs. » Traduit dans notre langage moderne, ce mythe signifie que la vie terrestre de Seth, comparée à la félicité éternelle qui Tattend dans les deux, est courte, sombre, froide comme quelques nuits d'automne ; qu'au moment de sa mort sa piété le précède et l'attire vers le monde invisible, et qu'elle revivra dans sa race.

Les poètes brahmaniques de la religion nouvelle ont laissé à Pourouravas sa céleste épouse, mais ils ont souillé la gloire de ce patriarche, qui avait à leurs yeux le tort irrémissible d'être saint sans appartenir à la caste privilégiée des brahmines. Ils ont fait de lui le représentant de toute l'impiété et de toute la superbe des Caïnites. Il se querelle avec les brahmines, leur enlève leurs trésors, repousse leurs exhortations, est maudit, perd la raison ; puis on le retrouve, sans savoir ni comment ni pourquoi, au ciel avec Ourvasi '.

Nahoucha. Le fils de Pourouravas, ou son petit-fils par Ajous, est Nahoucha ou Nahous. Nahous et Enos sont le même mot, et désignent, l'un comme l'autre, l'/iomme, Nahoucha, nous l'avons vu, a reçu des Déwas Agni pour son conducteur, et c'est pareillement sous Enos que le culte de Jéhova fut institué d'une manière régulière. Enos est le petit-fils d'Adam, Nahoucha (si Ton écarte lia) est le petit-fils de Manou. Le Rig-Véda garde d'ailleurs sur sa vie un silence aussi complet que fjBdt la Genèse sur le fils de Seth.

Les brahmines ont fait subir a Nahoucha le même sort qu'à son père. Déjà les Loh de Manou* le rangent parmi < les rois qui, par leur inconduite, ont péri avec leurs biens, tandis que des ermites ont obtenu des

< Lassen, p. XVI, note.

» l, VU, §4L

•iâi ARIENS DE L'IHDB.

royaumes par leur sagesse et leur humilité, i L'histoire de sa chute est racontée fort au long dans le Mahabharata ^ (En roi séthite), il avait d'abord régné avec sagesse et justice ; mais après la mort de Vritra (et la fin de la sécheresse), il devint le Dieu suprême à la place d'Indra (lorsque les Caïnites apothéosèrent et adorèrent de simples mortels); son orgueil le poussa à se faire porter sur le dos des brahmines et à hâter leurs pas en les firappant du pied. Maudit par eux, il fut changé en un serpent (infernal). Agni (après le déluge, lors de la restauration du culte primitif) alla chercher Indra, qui s'était retiré près d'un lac ( diluvien ) et caché dans une tige de lotus. Indra remonta sur le trône de l'univers (pour un temps et jusqu'à l'avènement de Brahma).

Yayati, fils de Nahoucha, n'est, dans le Rig-Véda, le héros d'aucun mythe. Les hymnes ne parlent que de ses sacrifices. Cependant sa réputation était si grande, que les Grecs avaient entendu parler de lui sous le nom de Gégasius^. Dans le Mahabharata, Yayati est un roi trèspieux, comme doit l'être un patriarche séthite ; la durée de sa vie est de plus de mille ans, et son temps est de peu postérieur à celui de la grande sécheresse '. II appartient donc au monde antédiluvien. Et cependant, par une erreur qui se reproduit fréquemment dans les généalogies mythiques, il a pour fils cinq héros, vrais Ariens, qui ont vécu plusieurs siècles après le déluge, dans les plaines de l'indus.

Le cadet de ses fils est Pourou, l'aïeul du rival d'Alexandre le Grand, Porus. Porus était le descendant de Gégasius = Yayati .

t Uoltzmann, t I, p. 321 sq. — Lassen, p. XVIl.

« Platarque, De fluviis^ I, 6.

> Boltsmann, t. U, ^. 82 8(\. — Lassen, p. XVIII,

On raconte qu'Yayati avait partagé la terre, c'est-àdire rindoustan occidental entre Pourou, Tourvasa, Yadou, Drouhyou et Anou.

Pourou, Tourvasa et huit autres rois ont combattu contre un roi nommé Soudas. Celui-ci avait pour prêtre Yasichtha, dont le rival et Tennemi était Visvamitra. Cette lutte de prêtres, de rois et de peuples ariens est le premier, le seul événement de Thistoire indigène que célèbrent les hymnes védiques *.

Nous devons revenir sur nos pas pour rentrer dans les limites du monde primitif. La piété de Manou nous avait conduit par lia jusqu'à l'ancêtre de Porus. Mais nous savons que Manou, le fondateur de la religion, a été aussi le premier laboureur, et c'est en sa qualité de laboureur qu'il est le père d'une famille qui diffère à tous égards de celle d'ila.

Les Ariens, pour qui l'agriculture était un don des dieux aussi bien que la religion, eurent le tact de ne pas rapporter ces deux dons aux mêmes divinités. Le feu sacré avait été apporté à l'homme par les Déwas, par Ëlohim ; l'art de cultiver la terre lui a été enseigné par de jeunes dieux, inférieurs aux Déwas, par les Aswins, qu'on peut comparer aux Dioscures, et dont l'office est

* Voyez R. Roth, Véda., p. 87 sq. , et d'après lui Duncker, p. 29 sq. Je dois dire cependant que la bataille des dix rois impies contre Soudas ressemble singulièrement au combat d*Indra et des Asouras; que Vasichta est un des dix patriarches antédiluviens ; que les ennemis de Soudas, les Bharatas, doivent leur nom à un roi qui yivait avant le Caliyouga ou le déluge, et qui était contemporain de Dirghataraas, père d'un héros antédiluvien, Gotama. Mais dans les mythes hindous, une foule de noms propres sont des noms de familles, de tribus, d'écoles, de dynasties , et l'on ne trouve dans ce chaos historique qu'un très-petit nombre de points vraiment solides.

simplement d'être de bon secours à l*homme dans toutes les circonstances difficiles. « Avec la charrue ils ont semé Torge, ont tiré de la terre la nourriture de rhomme , > et Thomme était « épuisé par ses œuvres *, » quand, pour le soulager, « ils lui ont enseigné Tartdu labourage *. »

Mais la tradition védique n*est pas d'accord avec ellemême sur leur premier élève, qui se nomme en un lieu Manou, en un autre Vrika «.

Vrika est Gain, et nous passons ainsi du premier homme à son fils aine.

Vrika, en effet, signifie qui déchire^ et désigne le loup et le brigand. Or le brigand qui a le premier fait usage de la charrue, ne peut être que le laboureur fratricide.

Les écrits indiens ne donnent aucun renseignement sur ce Vrika. Mais les Védas parlent d'un Vrichagiri, dont la tradition postérieure fait un fils de Manou. Or Vrichan est le nom du taureau; en Egypte Gain se nomme l'ami du taureau, Maébaès; le Gain des Ghinois attelle des taureaux à la charrue, et Vrichagiri est ainsi le même personnage que Vrika le laboureur*.

« Ridjrasîvay fils de Vrichagiri, mettait en pièces cent béliers pour les offrir à une louve.» Gette louve ne peut être qu'un symbole de la lumière (P. I, 340). Selon le commentaire hindou, elle était une métamorphose df l'âne des Aswins. Mais cet âne figure précisément, comme leurs maîtres eux-mêmes, les rayons du soleil

' RV. ï, -235; III. \'AÎ.

* Le nom même de lahourer^ en sanscrit, équivaut à toute uw tradition : c'est krch (krich), qui est le CHRSCB hébreu, et le CBEha égyptien (P. II, 143).

^ RV. III, 277, 132.

* Notons cependant que, pour Tilindou, le tauivitu i^at le syniM»* de la justi e plutôt i\u.c d%; l'agriculture. LtM de Manou ^ p. 251.

MANOU ET SA POSTÉRITÉ. i^7

vant. Ridjraswa a donc été le premier homme qui t adoré Tastre du jour. Il le faisait en égorgeant ctimes sur victimes, c Son père impitoyable , > qui ait sans doute indigné d'une telle prodigalité , « le ndit aveugle > par quelque imprécation efficace, c Mais louve s'écria: t 0 Aswins, maîtres généreux, Ridjraswa a immolé pour moi cent et un béliers ; il est pour moi comme un jeune amant. » Et ces dieux méicins lui ont rendu la vue^ > Ridjraswa est le fondateur du culte du Soleil, et nous savons être issu de Gain. Il répond au caïnite Méthuaél , qui a adoré de nouveau Dieu après que le soleil ait détruit l'homme pendant la sécheresse, et nous ons appris par Gen=Caïn que le dieu qu'adorèrent )rs les Cainites était le Soleil.

Ce culte, fondé sur la terreur, prodiguait les victimes, il aura excité l'indignation de la vieille génération are et impie, qui traitait la nouvelle d'aveugle, d'innsée.

La Grèce a un mythe tout semblable, celui de Lycgue, rhomme-/owp, qui doit être l'adorateur du dieuf ou d'Apollon, et que les dieux ont rendu aveugle îause de sa religion. Seulement ici le culte du Soleil ite avec celui de Bacchus, et des faits relatifs à l'étassement de ce dernier culte en Thrace, se sont mêlés mythe antédiluvien, que le Véda nous a conservé sous vraie forme.

[lidjraswa estle Kéchous, V Aveugle^ de This (312). ^u reste, la cécité de Ridjraswa nous rappelle qu'un md nombre des personnages védiques ne sont celées que par leurs infirmités.

Hidjraswa n'a pas d'enfants.

' RV. 7, 19:2, 230. 234.

Tchyavanay d'après le commentaire du Rig-Véda, serait l'arrière-petît-fils de Manou, par sa femme, qui était fille de Saryata, fils de Saryati, fille du premier homme, t Ce F mortel était accablé de vieillesse quand les Aswins, par ^ leurs œuvres efficaces, Tont rendu jeune de nouveau, y Us Font dépouillé de son vieux corps comme d'une cui- j rasse, et prolongé la vie de cet homme abandonné. > Dans le Mahabharata on lit une histoire analogue d'Yayati, qu'une malédiction frappe d'une vieillesse prématurée, et qui, par un échange avec son fils Pourou, obtient encore mille ans de jeunesse et de jouissances. Je vois dans ces mythes une tradition authentique sur la vie millénaire des Antédiluviens. Je suppose que vers le milieu de leur carrière leurs forces physiques diminuaient au point de faire croire leur mort prochaine, mais que bientôt elles se relevaient et leur donnaient comme une seconde jeunesse. Cette supposition se base sur certains faits qui se passent de nos jours encore : on a vu des vieillards pousser des dents nouvelles, leurs cheveux blancs reprendre leur première couleur, leurs formes recouvrer la plénitude de la jeunesse. On aurait dit que leur corps se préparait à fournir une seconde carrière.

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